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Bulletin Quotidien Europe N° 9707
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/relations extÉrieures

Le Conseil débattra mardi de la « perspective européenne » de l'Ukraine - Afrique, Moyen-Orient et Iran aussi à l'agenda

Bruxelles, 18/07/2008 (Agence Europe) - L'avenir des relations avec l'Ukraine, les perspectives du processus de paix au Proche-Orient, le dossier nucléaire iranien et plusieurs points africains (Zimbabwe, Somalie, Tchad) seront au centre du premier Conseil « Affaires générales/Relations extérieures » sous présidence française de l'UE qui se tiendra mardi prochain (22 juillet) à Bruxelles. La réunion, qui sera présidée par Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet, sera suivie dans la soirée par un Conseil de coopération avec le Kirghizstan. Voici l'ordre du jour détaillé du Conseil de mardi:

Ukraine. Les ministres prépareront le sommet UE/Ukraine qui aura lieu le 9 septembre à Evian et qui devra notamment faire le point sur les négociations en cours sur un nouvel accord-cadre qui remplacera l'actuel Accord de partenariat et de coopération. La Présidence française souhaite que le sommet d'Evian parvienne à un accord politique sur le nom, la portée, les principes et la finalité politique du nouvel accord. Pour l'instant, les positions des deux parties divergent encore sur le nom de l'accord ainsi que sur la future évolution des relations entre l'Ukraine et l'UE. L'actuel mandat de négociation de la Commission stipule que ce nouvel accord « ne préjugera pas de l'évolution future des relations entre l'UE et l'Ukraine ». Le gouvernement ukrainien, lui, est plus ambitieux et réclame une réelle « perspective européenne ». Concrètement, Kiev demande que le nouvel accord soit un véritable « accord d'association » qui, dans son préambule, reconnaisse explicitement le droit de l'Ukraine, « pays européen », de poser un jour sa candidature d'adhésion (voir les propos du vice-ministre des Affaires étrangères dans EUROPE n°9705 et 9706). Les États membres sont divisés. Certains (Pologne en tête) arguent que seule une perspective européenne claire peut garantir que le pays poursuit sur la voie des réformes. D'autres veulent que la politique européenne de voisinage, qui ne parle pas d'adhésion, reste le cadre de référence. D'autres encore reconnaissent la nécessité d'offrir quelque chose de plus à ce pays, tout en estimant que les circonstances actuelles (problèmes avec le Traité de Lisbonne, lassitude de l'opinion publique face aux élargissements, longue liste d'attente de candidats dans les Balkans, etc.), ne permettent pas aujourd'hui à l'UE de prendre des engagements juridiquement contraignants quant à une future candidature/adhésion du pays. Quant au nom du futur accord, la Présidence française ne semble pas opposée à l'appellation « accord d'association », soulignant qu'il s'agit d'un terme « simple et neutre » qui ne préjuge en rien d'une future adhésion (des pays sans aucune perspective d'adhésion, comme Israël et l'Égypte, ont conclu de tels accords). Le Conseil débattra de toutes ces questions mardi.

OMC/Cycle de Doha. Les ministres suivront de loin - aucun débat n'étant programmé - les travaux de la réunion ministérielle de l'OMC qui commencera ce lundi 21 juillet à Genève (voir autre nouvelle).

Zimbabwe. Après l'accord politique au COREPER (EUROPE n°9706), le Conseil adoptera la décision formelle de renforcer les mesures restrictives (interdiction de visa et gel des avoirs) à l'encontre de personnalités et entités liées au régime de Robert Mugabe et jugés responsables pour les violences qui ont marqué les élections du 27 juin au Zimbabwe. Les ministres adopteront aussi des conclusions dans lesquelles ils jugeront ces élections « illégitimes ». Ils souligneront aussi qu'en l'absence d'évolution positive dans les toutes prochaines semaines vers un gouvernement de transition fondé sur les résultats des élections du 29 mars 2008, le Conseil pourrait prendre des mesures additionnelles contre les responsables du régime Mugabe.

Somalie. Le Conseil débattra de la situation en Somalie et des efforts en cours en vue de mettre en œuvre l'accord de Djibouti signé le 9 juin dernier. Dans des conclusions, les ministres rappelleront le soutien de l'UE en faveur d'une « démarche globale » permettant de parvenir à un « règlement durable » de la crise qui couvrirait à la fois le volet politique, la sécurité et les questions humanitaires. Le Conseil lancera un appel à la communauté internationale pour qu'elle reste engagée, elle aussi, en faveur de l'accord de Djibouti. Les ministres exprimeront aussi leur grave préoccupation à l'égard des actes de piraterie et des vols à main armée au large des côtes somaliennes. Les instances du Conseil examinent actuellement comment l'UE pourrait contribuer à mettre en œuvre la résolution 1816 du Conseil de sécurité de l'ONU contre ce fléau.

Tchad/République centrafricaine. Au déjeuner, les ministres auront un échange de vues sur l'opération militaire EUFOR Tchad/RCA. Ils adopteront aussi des conclusions.

Iran. Le Haut représentant Javier Solana fera rapport aux ministres sur les résultats de la rencontre qu'il aura, ce samedi 19 juillet à Genève, avec le négociateur iranien sur le dossier nucléaire, Saïd Jalili.

Proche-Orient. Les ministres auront un échange de vues avec le représentant du Quartette, Tony Blair, sur la situation au Proche-Orient et les perspectives du processus de paix après les différents contacts intervenus en marge du sommet sur l'Union pour la Méditerranée le 13 juillet à Paris (EUROPE n°9703).

Balkans occidentaux. Le Conseil aura un bref échange de vues sur la situation dans les Balkans, notamment en Serbie. Des conclusions encourageront le nouveau gouvernement pro-européen en Serbie à poursuivre les réformes et accélérer ainsi le processus de rapprochement à l'UE. (H.B.)

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