login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9702
Sommaire Publication complète Par article 12 / 34
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/social

Le dialogue social doit être l'un des moteurs de l'Europe sociale, estime Xavier Bertrand

Chantilly, 11/07/2008 (Agence Europe) - Le dialogue social doit être le moteur de l'Europe sociale. Le rôle des partenaires sociaux et de la Plate-forme sociale est extrêmement important si on veut rendre l'Europe plus concrète aux yeux des citoyens. Telles sont les principales conclusions de la rencontre entre les ministres du « Trio » de Présidences (Xavier Bertrand, ministre français du Travail, des Relations sociales, de la Solidarité, Michal Sedlaeek, secrétaire d'État au Travail et aux Affaires sociales de la République tchèque et Mme Bettina Kashefi, secrétaire d'État à la Santé et aux Affaires sociales de Suède) avec le commissaire européen aux Affaires sociales, Vladimir Spidla et les représentants des partenaires sociaux européens et de la Plate-forme sociale, qui s'est tenue jeudi 10 juillet après-midi à Chantilly. Une journée avec des « débats très animés » et très positive, les participants se félicitant d'avoir pu s'exprimer « en toute liberté » et en ayant « l'impression d'avoir été écoutés » et de s'être mis d'accord sur la nécessité de donner un nouvel élan à l'Europe sociale.

De tels débats, « est-ce un bon signe ? », s'est interrogé Xavier Bertrand. « Oui, parce que le climat (…) était très positif, constructif avec une totale liberté de parole. On ne dit pas forcément tous la même chose mais nous parlons tous de la même chose: de l'Europe sociale. Cela montre que le dialogue social a sa place partout et doit être l'un des moteurs de l'Europe sociale », a affirmé le ministre pour qui « le dialogue social est une priorité au niveau national et européen ». Pour Xavier Bertrand, le dialogue social est important du point de vue de la flexicurité, dont les principes communs ont déjà été adoptés, et de la mission lancée en la matière par Vladimir Spidla et Gérard Larcher. Ce jeudi, le dialogue a été ouvert sur l'agenda social européen « qui a vocation à traduire cette nouvelle ambition sociale sur le plan européen », a poursuivi Xavier Bertrand en commentant: « L'heure n'est certainement pas au repli social, pas à moins d'Europe sociale. Au contraire, il nous faut davantage d'Europe sociale. L'Europe parle aux voyageurs (facilités de déplacement, l'euro facilite les choses aux consommateurs, mais l'Europe doit nécessairement parler aux travailleurs ». Ici, nous avons voulu poser un certain nombre de défis auxquels nous serons confrontés et qui ont aussi vocation à faire avancer l'Europe sociale: conséquences sociales de la mondialisation et des changements climatiques, la démographie, la diversité de nos sociétés européennes. Xavier Bertrand a demandé aux partenaires sociaux et à la Plate-forme européenne leur mobilisation sur les dossiers de cette Présidence pour faire avancer les choses, entre autres sur la révision de la directive relative aux comités d'entreprise européens (c'est-à-dire aboutir rapidement à un accord, a précisé le ministre), importante pour le dialogue social, la lutte contre la pauvreté (« ce qui est ressorti du débat, c'est la volonté de décider d'objectifs communs de réduction de la pauvreté en Europe »). « Ce qui est essentiel, c'est de montrer que, oui, il faut la liberté d'entreprise, elle est indispensable. Oui, il faut aussi des droits sociaux pour notamment éviter le dumping social en ayant bien à l'esprit que le marché intérieur est important mais que (…) l'Europe sociale l'est aussi. Sur le plan économique, il nous faut aussi avoir un progrès social. L'économique et le social, pas l'un à la place de l'autre, pas l'un devant l'autre, mais tout simplement les deux en même temps. C'est de cette façon que l'Europe peut avancer », a conclu M. Bertrand.

Vladimir Spidla s'est félicité de ce que l'agenda social rénové soit aussi un succès considérable pour le dialogue social. Il a suggéré de « développer une approche commune sur le principe de la flexicurité ». Le commissaire a annoncé que la phase finale de la mission sur la flexicurité sera un rapport que la Commission présentera au Conseil européen de cet automne et qui permettra de comparer les approches différentes des États membres en la matière. Pour le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), John Monks , « l'Europe sociale a besoin de se développer, d'être plus perceptible ». La vision de l'Europe qu'ont la base et les représentants des citoyens au sein des syndicats, c'est que « l'Europe, c'est l'Europe des entreprises ». Et d'adresser le message suivant à la réunion informelle: « On ne peut pas faire l'économie du social ». John Monks s'est félicité de ce que la Commission va s'efforcer de mettre en œuvre « un protocole de progrès social ». Et de constater: « J'ai l'impression que l'Europe devient un peu moins sociale. Il faut tout faire pour qu'elle redevienne plus sociale ». Pour le secrétaire général de Businesseurope, Philippe de Buck, « la vraie Europe sociale, c'est l'Europe qui crée de l'emploi. Nous avons créé de l'emploi et nous continuerons à en créer en 2008: 2 millions d'emplois, un chômage moins élevé. Je veux que cela soit reconnu. L'Europe des entreprises est créatrice d'emplois. Le dialogue social en est la clé», a martelé M. de Buck. Autre point clé: il faut reconnaître que « le comité d'entreprise européen, c'est l'endroit du dialogue social entre une entreprise multinationale et européenne et les représentants des travailleurs. Si on complique son fonctionnement, c'est aller contre les choses », a ajouté Philippe de Buck. Le secrétaire général de l'UEAPME, Andrea Benassi, a insisté sur la mobilité: les PME ont besoin d'une main-d'œuvre qui soit capable d'acquérir des compétences à l'étranger. « Accroître la mobilité est un sujet plus complexe qu'il n'y paraît. Il faut augmenter la mobilité géographique au niveau local et régional, professionnelle entre les secteurs, intra-européenne, qualifiante pour les jeunes apprentis ». « L'Europe sociale, ce sont des services publics bien financés et axés sur la protection sociale, la santé et l'éducation des citoyens », a noté le président de la commission des affaires sociales du CEEP (Centre européen des entreprises publiques et d'intérêt général) Charles Noodle. Enfin, le président de la Plate-forme sociale, Conny Reuter,a lancé un message très fort (en se référant à celui de la SNCF): « Le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous ! ». Mais comment arriver à ce que les citoyens perçoivent que l'Europe améliore leur situation ? Nous avons proposé, a poursuivi M. Reuter, de transformer le paquet social en « une sorte de nouveau pacte social européen, qui pourrait prendre la forme d'un engagement du Conseil de placer le progrès social au cœur du projet de l'UE en renforçant la dimension sociale des politiques européennes, en assurant un meilleur équilibre entre droits sociaux et marché intérieur, en luttant contre la discrimination et pour l'égalité, en renforçant les infrastructures sociales et les services d'intérêt général ». (G.B.)

Sommaire

JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE