Strasbourg, 23/06/2008 (Agence Europe) - Dans une résolution commune aux groupes PPE-DE, PSE, ADLE, UEN, Verts et GUE/NGL, adoptée jeudi 19 juin à Strasbourg, le Parlement européen condamne l'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi, figure emblématique de l'opposition birmane, et presse la junte de libérer sans délai tous les prisonniers politiques. En outre, le PE demande la tenue d'une instruction judiciaire, sous l'auspice de l'ONU, concernant l'assassinat par l'armée birmane de prisonniers politiques dans la confusion créée par le typhon Nargis, et déplore l'emprisonnement des victimes du typhon qui tentent de trouver de l'aide auprès des organisations internationales en Birmanie. Rejetant les résultats du référendum sur la constitution organisé par la junte quelques jours après le typhon, il exhorte les autorités birmanes à lever toutes restrictions aux activités politiques pacifiques au Myanmar, à assurer un processus inclusif de réconciliation nationale et de restauration de la démocratie, de l'état de droit et du plein respect des droits de l'homme, et à fournir des explications sur les disparitions survenues depuis la répression en septembre 2007. Le PE demande par ailleurs au gouvernement birman de se conformer à l'accord passé avec le secrétaire général de l'ONU en vue de permettre l'accès libre de l'aide humanitaire aux régions affectées par le typhon et de pleinement coopérer avec la communauté internationale pour l'évaluation des besoins. Dans ce contexte, il prie les autorités birmanes de cesser toute ingérence dans la livraison de l'aide et de collaborer avec les organisations humanitaires. Reconnaissant la valeur du récent rapport du rapporteur spécial de l'ONU, qui rassemble des preuves des infractions continuelles aux droits de l'homme dans le pays, le PE presse les autorités birmanes d'ouvrir un dialogue étroit avec le rapporteur spécial et de faire droit à sa demande de se rendre en Birmanie. Enfin, il invite les pays de l'ASEAN à exercer sur les autorités birmanes une intense pression en faveur d'un changement démocratique et appelle l'UE à renforcer ses sanctions délimitées et ciblées contre la junte birmane compte tenu de leur effet limité (les sanctions de l'UE ont toutefois été élargies en septembre 2007 par l'imposition d'un embargo à d'autres secteurs de l'économie). (E.H.)