Bruxelles, 23/06/2008 (Agence Europe) - L'UE important environ 80% du poisson et du bois issus de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, le Parlement européen demande au Conseil et à la Commission européenne de modifier la politique européenne de la pêche et d'importation du bois en provenance de ces pays pour une gestion durable de ces ressources naturelles. Cela en vertu de la cohérence des politiques au service du développement qui constitue l'une des contributions de l'UE à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.
Ce sont là les grands axes d'une résolution adoptée, mardi 17 juin à Strasbourg (par 559 voix pour, 11 voix contre et 17 abstentions), sur la cohérence des politiques de développement et les effets sur le développement de l'Afrique de l'Ouest de l'exploitation par l'UE de certaines ressources naturelles biologiques. Suivant leur rapporteur Frithjof Schmidt, les eurodéputés demandent à la Commission de présenter une communication qui définisse la participation et le soutien de l'UE aux mécanismes de financement présents et futurs pour promouvoir la protection des forêts et réduire les émissions résultant de la déforestation. La Commission et les États membres sont invités à accélérer la mise en œuvre du plan d'action FLEGT de l'UE et de la directive visant à lutter contre l'exploitation et le commerce illégaux du bois, ainsi qu'à accroître la consommation de produits du bois fabriqués de façon durable. Le Parlement demande en outre à la Commission de présenter une proposition législative pour empêcher la mise sur le marché de bois et de produits du bois issus de sources illégales et faisant appel à la destruction des forêts.
S'agissant de la pêche, le Parlement invite instamment la Commission à examiner le lien manifeste entre les niveaux d'immigration des pays d'Afrique de l'Ouest vers l'Union et le grave déclin des stocks halieutiques de ces pays. Il demande à la Commission et aux gouvernements ouest-africains de freiner la pêche illégale et de surveiller et contrôler les stocks halieutiques afin de mettre un terme au grave déclin de ces stocks. Le Parlement dit regretter que « l'exploitation durable des ressources biologiques naturelles, dont les ressources de pêche ne soit toujours pas une priorité pour ces pays ».
La Commission est invitée, dans la négociation de l'accord de partenariat économique (APE) avec les pays de l'Afrique de l'Ouest, à respecter le devoir de cohérence des politiques de l'UE, pour ce qui concerne les accords sur le bois et la pêche. Mais il n'invite pas l'UE à réduire ses activité de pêche dans les eaux ouest-africaines, faisant observer que dans pareille hypothèse « des flottes provenant d'autres pays qui ne respectent pas les mêmes principes de durabilité » pourront prendre le relais.
Le rapporteur déplore que le PPE, le PSE et les Libéraux « aient refusé toute critique » à l'égard de la menace potentielle que représente l'élargissement des capacités de la pêche via le soutien apporté aux joint ventures dans ce secteur. « C'est le moment pour l'UE de reconnaître sa part de responsabilité dans cette tragédie et de changer ses politiques de façon radicale », déclare-t-il en citant « la perte des repères naturels » comme l'une des raisons du drame des migrants d'Afrique de l'Ouest qui décèdent « dans leur fuite désespérée en petites pirogues ». (A.N.)