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Bulletin Quotidien Europe N° 9685
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/commerce

Le Parlement s'oppose à une levée de l'interdiction des importations de poulets américains traités à l'eau chlorée

Strasbourg, 18/06/2008 (Agence Europe) - Dans une résolution commune aux groupes PPE-DE, PSE, ADLE, UEN, Verts, GUE/NGL qu'il doit adopter jeudi 19 juin, le Parlement européen devrait appeler le Conseil Agriculture à rejeter la proposition de la Commission européenne, mise sur la table le 28 mai dernier (EUROPE n° 9669), visant à lever l'interdiction des poulets traités avec des solutions chlorées. Une décision, qui, selon le PE, affaiblirait les normes européennes en matière de sécurité alimentaire.

Pour le PE, l'autorisation proposée de quatre traitements antimicrobiens, dont le chlore, pour décontaminer les volailles destinées à la consommation humaine « représente une menace sérieuse sur les normes et standards communautaires et un contrecoup aux efforts et aux adaptations accomplis par les professionnels de la volaille pour réduire les taux d'infection bactérienne dans l'UE ». Le PE ajoute qu'une telle décision porterait « un coup considérable et préjudiciable à la politique communautaire en la matière et à sa crédibilité à faire valoir des standards élevés de sécurité et d'hygiène alimentaires au niveau international ». Il insiste sur les « investissements considérables » réalisés par les producteurs européens pour réduire la contamination des volailles par des agents pathogènes comme les salmonelles en mettant en œuvre une démarche impliquant l'ensemble de la chaîne alimentaire, une approche, selon lui, « plus durable » que l'utilisation de chlore ou d'autres antimicrobiens.

Lors du débat précédant le vote, mardi 17 juin, la commissaire à la Santé, Androulla Vassiliou, a tenté de rassurer: « J'ai discuté de manière approfondie avec mes collègues sur l'utilisation de ces antimicrobiens. Les experts scientifiques se sont penchés sur les risques, et nous avons fait une proposition sur base de ces avis. La Commission propose l'autorisation de ces substances mais pas à n'importe quel prix », a-t-elle expliqué, assurant que, « aucun engagement international ne peut-être pris qui viendrait à mettre en danger la sécurité des consommateurs européens ». « L'utilisation de ces substances ne doit pas remplacer les conditions d'hygiène actuelle mais les compléter. Notre proposition prévoit des conditions strictes et proportionnelles pour vérifier », a-t-elle ajouté. Son message n'a pas convaincu les députés intervenants, qui ont affirmé leur opposition à la levée de l'interdiction en place depuis 1997. La proposition de la Commission, présentée le 13 mai par le commissaire à l'Industrie, Günter Verheugen, lors du 2ème Conseil économique transatlantique (EUROPE n° 9660), a déjà rencontré l'opposition des experts vétérinaires de 26 des 27 États membres de l'UE et l'abstention du Royaume-Uni le 2 juin dernier. « Nous venons d'adopter une législation stricte sur l'eau et vous voulez le retour du chlore ? Comment allez-vous surveiller cela ? On ne veut pas que les consommateurs perdent confiance », a averti le Britannique Robert Sturdy (PPE-DE). « L'unanimité des groupes politiques ici répond à un déni de démocratie de la Commission qui a passé outre les avis des experts et des députés. Comment le Collège des commissaires a pu adopter un tel projet ? Pourquoi la Commission n'applique-t-elle pas le principe de précaution ? », a renchéri la Française Anne Ferreira (PSE). « Vous n'avez l'appui ni du Conseil, ni du PE, pourquoi vous obstinez-vous ? », a demandé le Belge Bart Staes (Verts). « Il faut faire respecter le principe d'égalité, on ne peut pas faire en sorte de continuer à exiger des normes de nos producteurs et pas des autres », a ajouté le Polonais Janusz Wojciechowski (UEN). Pour le Grec Konstantinos Droutsas (GUE/NGL), la Commission est revenue sur cette interdiction « au mépris du peuple ». « Cette décision de lever envers et contre tous cette interdiction constitue un véritable cas d'école de ce que la Commission, qui est censée protéger l'intérêt général des citoyens européens, ne peut plus et ne doit plus faire », a estimé la Belge Frédérique Ries (ADLE), ajoutant: « Notre refus est un choix culturel: les Européens ont le droit de choisir leur modèle alimentaire ». « Il n'est pas pensable que nous puissions autoriser cela. L'étiquetage n'est pas la solution, rien ne figurera sur les produits transformés. Il faut dire non aux poulets chlorés », a insisté la Française Françoise Grossetête (PPE-DE).

La proposition de la Commission devrait être soumise au Conseil Agriculture du 15 juillet à Bruxelles. En vertu de la procédure de réglementation, le Conseil ne pourra rejeter ce texte qu'à la majorité qualifiée. (E.H.)

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