Luxembourg, 18/06/2008 (Agence Europe) - La session du Conseil d'association UE-Israël a eu lieu lundi 16 juin à Luxembourg sous la présidence conjointe de Dimitrij Rupel, président en exercice du Conseil de l'UE et de Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères d'Israël. M. Rupel a affirmé, au terme de cette session destinée à dresser le bilan annuel de la coopération, que les acquis sont positifs et a souligné « l'importance réciproque » de ces relations. «Il existe entre nous de nombreux liens historiques, culturels et économiques » qui amènent à vouloir instaurer un « dialogue durable et à collaborer à un niveau élevé», a affirmé M. Rupel. Son espoir est que ce dialogue contribuera « au renforcement de la stabilité, de la sécurité et de la prospérité tant de l'Union européenne que des pays de son voisinage ». Le point essentiel de la session a été de donner une première réponse à la demande israélienne formulée l'année dernière de progresser vers l'établissement d'un partenariat stratégique qui donnerait à Israël un droit d'accès à toutes les politiques communautaires, comme s'il était quasiment un État membre de l'UE.
La réponse est affirmative mais assortie d'un lien entre l'approfondissement de la coopération, accepté dans son principe, et les progrès à faire dans le processus de paix. Cette condition résulte de réserves émises par certains États membres (France notamment, face à l'Allemagne, aux Pays-Bas, à la République tchèque et au Danemark qui souhaitaient donner à Israël une réponse positive plus concrète et sans délai de mise en œuvre). Le Conseil de l'UE fait de cet « upgrading » un « objectif commun ». Car Israël est « un véritable État de droit, doté d'une économie de marché dynamique ainsi que d'une administration publique développée (…) possède également les structures institutionnelles nécessaires à une coopération toujours plus étroite et approfondie avec l'Union européenne », soulignent les 27. Les États membres sont d'accord pour une « évolution progressive » de cette coopération. «Il est évident que le renforcement de notre coopération politique doit être interprété comme une coopération susceptible de contribuer au processus de résolution du conflit israélo-palestinien», a souligné M. Rupel.
Concrètement, l'UE a exprimé sa disposition à renforcer le dialogue politique avec Israël, notamment en marge des sessions de l'Assemblée générale des Nations Unies. Des réunions ad hoc au niveau de hauts fonctionnaires sont envisagées. Mais Israël demeurera un pays tiers, non intégré dans les différents cadres de concertation et de décision sur des aspects stratégiques, diplomatiques ou de défense et de sécurité. Une large coopération économique et sociale sera recherchée (en matière de commerce et, pour assurer « une vaste intégration » dans le marché unique, dans des domaines tels que les marchés publics, les réglementations techniques concernant les produits industriels, les droits de propriété intellectuelle et industrielle, la politique de concurrence, la législation dans le domaine sanitaire et phytosanitaire, etc.). C'est en fait un très large champ d'action qui est ouvert: transports, aéronautique, environnement, sciences et technologies, enseignement supérieur, santé, etc.
L'UE entend « inscrire et concevoir » cette démarche dans « le cadre du large éventail de nos intérêts et objectifs communs, qui comprend notamment le règlement du conflit israélo-palestinien ». L'UE a mis en garde Israël contre l'extension des colonies de peuplement qui « menace la viabilité » d'une solution « fondée sur la coexistence de deux États » et l'appelle à « geler toute activité de colonisation, y compris l'expansion naturelle, et à démanteler les colonies de peuplement sauvages créées depuis mars 2001 » et aussi à mettre fin aux « restrictions » qui paralysent l'activité économique et sociale en Cisjordanie. L'UE se dit aussi « vivement préoccupée par la situation humanitaire intenable que connaît Gaza ». Les échanges de vues politiques ont par ailleurs porté sur tous les sujets concernant la région (Iran, Irak, etc.). L'UE incite Israël à contribuer à la sécurité régionale, à la non-prolifération des armes de destruction massive et au désarmement. Elle indique qu'elle « poursuivra les consultations en vue de dégager un accord final sur le cadre de référence et la date » d'une réunion qu'elle compte organiser sur ce thème. Elle réaffirme son « engagement » vers « l'établissement d'une zone exempte d'armes de destruction massive, nucléaires, biologiques et chimiques et de leurs vecteurs, qui soit assortie d'un système de vérification mutuelle efficace ». « Les pays qui font le choix du nucléaire devraient élaborer leur programme d'énergie nucléaire dans le respect des normes les plus élevées de sécurité, de sûreté et de non-prolifération », estiment les 27. Tous les États de la région, « y compris Israël, sont invités à adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) » et à diverses autres conventions internationales. (F.B.)