Bruxelles, 12/06/2008 (Agence Europe) - À quelques semaines du début de la Présidence française de l'UE, le secrétaire d'État chargé de l'Outre-Mer, Yves Jégo, a réuni à Paris, lundi 9 juin, les représentants des autres États membres de l'UE disposant de territoires « ultra-marins ». Objectif: leur présenter les orientations de la Présidence française en faveur des territoires d'outre-mer. Participaient également à cette réunion les commissaires européens chargés de la politique régionale, Danuta Hübner et du développement, Louis Michel.
Si, jusqu'à présent, les politiques européennes ont été concentrées sur la compensation des handicaps de ces territoires, les participants ont tenu, sans remettre ces acquis en cause, à marquer qu'ils devaient être davantage valorisés en fonction de leurs propres atouts et de leur potentiel indéniable. « Ces territoires sont des atouts constituant des avant-postes de l'Europe dans le monde. Liés constitutionnellement à un État membre de l'Union européenne, ces territoires en ont la langue, l'histoire et la culture », rappelle un communiqué des services de M. Jégo.
Lors de la réunion, le principe de deux contributions communes pour l'avenir des politiques européennes a été accepté concernant respectivement les Régions ultrapériphériques (RUP) et les pays et territoires d'outre-mer (PTOM). S'agissant des régions ultrapériphériques (par exemple Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion, que rejoindront Saint-Barthélémy et Saint-Martin, pour la France), la contribution sera conjointe entre la France, l'Espagne et le Portugal. Elle mettra en avant les six axes suivants: exemplarité, complémentarité, compétitivité, spécificités, accessibilité et plus-value des RUP pour l'Union européenne.
S'agissant des pays et territoires d'outre-mer (Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Saint-Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna pour la France), la contribution associera, outre la France, le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Elle visera à mettre en évidence les convergences entre tous les « outre-mers » européens par delà les différences de statut. Les États membres ont également demandé à la Commission de considérer comment la Caraïbe pourrait être la région d'expérimentation de la mise en place d'une plateforme de coopération régionale associant l'Union, les États, les RUP, les PTOM mais aussi les organisations régionales concernées.
Yves Jégo a tenu à insister tout particulièrement sur la question de l'amélioration de l'accessibilité, ou « continuité territoriale », qui demeure « un objectif prioritaire conditionnant toutes nos autres ambitions ». Il a rappelé en particulier à ses homologues la nécessité de définir les conditions selon lesquelles le transport aérien peut être aidé tant sur le plan du service que des infrastructures. Il a par ailleurs souligné qu'une meilleure accessibilité maritime permettrait concrètement une meilleure insertion des territoires dans leur environnement et réduirait leur isolement. La question d'une aide à la mise en place de liaisons maritimes régionales sera ainsi étudiée dans le cadre de la contribution sur les RUP. (O.L.)