Bruxelles, 12/06/2008 (Agence Europe) - La deuxième Agora citoyenne s'est ouverte, jeudi 12 juin au Parlement européen à Bruxelles, avec pour thème les changements climatiques (voir EUROPE n° 9678). La volonté d'attribuer à l'Europe un rôle moteur quant aux réponses à apporter aux changements climatiques ainsi que la nécessaire coopération avec la société civile dans ce domaine ont souvent été mises en exergue.
Transformer le défi climatique en une opportunité économique. De nombreux intervenants ont fait du paquet « énergie/climat » en cours de négociations au niveau européen la pièce maîtresse de la réponse européenne aux changements du climat (voir EUROPE n° 9586). « Plus on agit tôt, moins les coûts sont élevés et plus grands seront les avantages », a déclaré José Manuel Barroso. Le président de la Commission européenne a estimé que le paquet « énergie/climat » n'était pas un obstacle à la croissance. Au contraire, il pourrait s'avérer bénéfique à l'économie européenne et à l'emploi. Son adoption est « une question de crédibilité », a estimé Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen. Arnaldo Abruzzini, secrétaire général d'Eurochambres, a fait part de la volonté des entreprises européennes d'« être aussi créatives que possible pour la façon la plus économique pour lutter contre les changements climatiques ». Guido Sacconi (PSE, italien) a exhorté à saisir la période actuelle comme « une opportunité » de changer les modèles de production et de consommation. Roger Helmer (NI, britannique) a remis en cause la réalité des changements climatiques.
Le temps presse. L'économiste américain Jeremy Rifkin a rappelé que les experts du GIEC estiment la fenêtre de tir inférieure à dix ans. Convaincu du rôle central de l'hydrogène dans la troisième révolution industrielle qui s'annonce, il a exhorté l'UE à rester pionnière dans la lutte contre les changements climatiques: « Si vous êtes à la pointe, les autres vont vous suivre. (…) Soyez le phare de l'Humanité ! ». « L'Europe peut être la locomotive du changement mondial », a confirmé le président du Comité économique et social européen, Dimitris Dimitriadis.
Quel rôle doit jouer la société civile ? « Pourquoi ne pas nous avoir demandé notre avis avant, à nous la société civile ? », a lancé une représentante de la Fédération internationale des femmes démocrates. Pour Monique Goyens, du Bureau européen des consommateurs, le rôle de son organisation est d'informer les citoyens, leur faire prendre conscience de l'impact que leurs habitudes de consommation peuvent avoir sur le climat et s'assurer que les politiques mises en place ne pénalisent pas les groupes les plus vulnérables. La représentante d'une organisation de jeunes bulgares a souligné la nécessité de « plus écouter les jeunes européens, car ce sont eux qui vont se battre contre le changement climatique ». Claire Roumet, du Comité européen de logement social, a ironisé: pourquoi essayer de vendre des voitures plus respectueuses de l'environnement ? Ce sont des « politiques publiques ambitieuses » dont l'Europe a besoin. Au nom de la Plate-forme technologique européenne de la construction, Claude Lenglet a rappelé que la construction était le premier secteur d'activité contribuant au réchauffement climatique, avec un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Estimant qu'à ce stade le marché n'était pas suffisamment mature pour relever les défis posés, il a appelé à une collaboration étroite avec la sphère publique pour mettre au point des plans ambitieux d'efficacité énergétique. En 2009 sera sur pied le premier bâtiment à énergie positive, a-t-il promis. (A.D./M.B.)