Bruxelles, 12/06/2008 (Agence Europe) - L'Agence communautaire de contrôle des pêches a confirmé, jeudi 12 juin, que vingt-huit avions sont soupçonnés d'avoir survolé illégalement la Méditerranée, pour le compte de thoniers-senneurs, afin de détecter des bancs de thons rouges. Or, depuis l'entrée en vigueur en 2007 du plan de reconstitution des stocks de thons rouges de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), il est interdit d'utiliser des aéronefs ou des hélicoptères pour la recherche de thon rouge.
La découverte de ces avions de reconnaissance des bancs de thons rouges a été faite grâce au « plan de déploiement commun » qui a commencé le 3 avril en Méditerranée et qui consiste à utiliser les moyens de contrôle des États membres (inspecteurs, navires et avions) pour s'assurer du bon déroulement des activités de pêche au thon rouge. Ces activités de surveillance sont coordonnées par l'Agence communautaire de contrôle des pêches. Les États membres impliqués dans ces opérations sont au nombre de sept: Italie, France, Espagne, Chypre, Malte, Grèce et Portugal.
28 avions sont soupçonnés d'avoir exercé des survols illégaux pour aider les pêcheurs dans leurs activités. Parmi eux, seuls huit ont pu être identifiés: trois immatriculés en Italie, deux aux États-Unis, deux en Suisse et un en France, a confirmé l'Agence communautaire de contrôle, qui précise qu'il reviendra aux pays concernés d'ouvrir une enquête. La Marine nationale française a indiqué à l'AFP avoir repéré le 10 juin un aéronef volant au sud de Malte, au-dessus de navires de pêche aux thons. Des photos de l'avion ont été transmises à l'Agence de contrôle des pêches.
Greenpeace et le Fonds mondial pour la nature (WWF) avaient dénoncé, la semaine dernière, l'utilisation d'avions de reconnaissance, notamment italiens, par certains pêcheurs et avaient réclamé une enquête européenne. Selon Greenpeace, un aérodrome clandestin situé à Marina di Modica, dans le sud de la Sicile, est utilisé par plusieurs avions de détection des bancs de thons, échappant à tout contrôle des autorités.
Rappelons que la Commission européenne surveille de très près la consommation des quotas autorisés de thon rouge (EUROPE n° 9666). Joe Borg, le commissaire européen à la Pêche, a été habilité par ses pairs à imposer une fermeture de la pêche au thon rouge pour éviter un dépassement, comme en 2007, des totaux admissibles de captures (TAC) pour 2008. (L.C.)