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Bulletin Quotidien Europe N° 9560
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/mediterranee

Angela Merkel franchement contre l'Union méditerranéenne mais Nicolas Sarkozy s'emploie à la rassurer

Bruxelles, 07/12/2007 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé, jeudi 6 décembre, lors d'un colloque, une position franchement hostile au projet français d'Union méditerranéenne. « Je suis très sceptique, je le dis sans fard », a-t-elle dit lors d'un discours consacré à la capacité d'action de l'Allemagne en Europe. Elle y a jugé que la proposition porte le risque à terme que « l'Union européenne se désintègre en son noyau » et « libère des forces de tension dans l'UE », ce que, a-t-elle dit, « je ne voudrais pas ». « Si nous disons: construisons maintenant une Union méditerranéenne à laquelle seuls les pays riverains de la Méditerranée prennent part (...) mais qui utilise les instruments financiers de l'UE, je prédis que d'autres vont dire: nous devons faire aussi une union d'Europe de l'Est, par exemple avec l'Ukraine, et eux aussi pourront utiliser ces fonds ». « Et se produira alors quelque chose que je juge extrêmement dangereux. Il pourrait arriver que l'Allemagne se sente davantage portée du côté des pays de l'Europe centrale et de l'Est, et la France davantage du côté des pays de l'Union méditerranéenne ».

Pour Mme Merkel, « la responsabilité de la Méditerranée incombe aussi à un Européen du Nord, tout comme l'avenir de la frontière avec la Russie et l'Ukraine est l'affaire de ceux (des pays européens) qui sont au bord de la Méditerranée », a martelé la chancelière. En juillet dernier déjà, son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, avait affirmé que l'Union méditerranéenne ne devait pas « entrer en concurrence » avec le Processus de Barcelone bien que peu satisfaisant. « Nous devons prendre garde à ne pas entrer dans une concurrence les uns avec les autres avec notre politique de voisinage », avait-il mis en garde.

L'Union méditerranéenne devra être « ouverte à tous » et « approuvée par tous », a encore martelé la chancelière allemande au moment où se tenait, jeudi soir, à l'Elysée, le 32ème sommet informel franco-allemand. « La Méditerranée, c'est une préoccupation pour tous les Européens », a-t-elle dit. Ses déclarations premières ont paru quelque peu atténuées à Paris. Nicolas Sarkozy semble lui avoir donné des assurances formelles qu'y seraient associés les autres pays européens pour éviter les risques de division évoqués par la chancelière, rapporte la presse française. La France et l'Allemagne vont « travailler pour une proposition commune visant à associer tous les Européens qui le voudraient au projet d'Union de la Méditerranée », a annoncé M. Sarkozy. « Qu'est-ce que dit Mme Merkel ? (...) c'est que la question de la Méditerranée impacte la situation de tous les pays d'Europe et que donc, les pays d'Europe qui ne sont pas riverains de la Méditerranée veulent pouvoir aider à l'établissement d'une zone de paix, d'immigration choisie, de codéveloppement, d'environnement maîtrisé », a-t-il poursuivi lors d'une conférence de presse commune à l'Elysée avec Angela Merkel. « Je ne vois pas comment la France pourrait se plaindre que l'Allemagne souhaite, avec d'autres pays d'Europe, participer à un projet parce qu'elle le juge important, ça serait curieux », a justifié Nicolas Sarkozy. « Si, à côté de l'Union européenne, les Etats riverains de la Méditerranée devaient constituer une deuxième union totalement différente, j'ai dit que cela risquait de constituer une épreuve difficile pour l'Europe », a-t-elle ajouté pour illustrer son scepticisme sur le projet. « Nous devons faire progresser ces deux approches de pair », a conclu la chancelière allemande. (F.B.)

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