Bruxelles, 26/11/2007 (Agence Europe) - L'assemblée plénière d'automne des évêques de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté européenne), qui s'est tenue du 21 au 23 novembre à Bruxelles, était consacrée à « l'action extérieure de l'UE: défis actuels et perspectives ». Les évêques se sont particulièrement penchés sur les avancées du nouveau traité de Lisbonne, entre autres en matière de politique étrangère, « car c'est dans ce domaine que les citoyens européens souhaiteraient voir agir l'Europe avec plus d'efficacité », a noté la porte-parole de la COMECE. Les questions de migrations, et surtout la situation désespérée des réfugiés d'Irak, chrétiens notamment, ont également fait l'objet de l'attention de l'assemblée, tout comme la coopération de l'UE avec l'Afrique et le statut du Kosovo.
Traité de Lisbonne. A propos des nouveaux instruments prévus par le Traité de Lisbonne, dont la création d'un poste de Haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, les évêques de la COMECE ont émis le souhait que ces nouvelles dispositions puissent renforcer la cohérence et l'efficacité de l'action extérieure de l'UE, indique un communiqué. Etant donné que ce futur Haut représentant sera amené à défendre le respect de la liberté religieuse dans les différentes zones de conflit à travers le monde, les évêques proposent que celui-ci établisse un contact régulier avec les Eglises et les communautés de foi. Ils suggèrent également de mettre en place, au sein du futur Service européen pour l'action extérieure, une unité chargée de prendre en compte, là où c'est nécessaire, la dimension religieuse des questions internationales. Dans ce contexte, poursuit le communiqué de la COMECE, les évêques ont favorablement accueilli la résolution adoptée le 15 novembre par le PE « sur de graves événements compromettant l'existence de communautés chrétiennes et celle d'autres communautés religieuses ».
« Nous nous réjouissons uniquement des parties du nouveau traité qui intéressent l'Eglise, à savoir son article 15 B qui consacre le dialogue entre l'Eglise et les communautés », a indiqué le président de la COMECE et l'Evêque de Rotterdam Adrianus van Luyn devant la presse. L'assemblée n'a pas discuté de la Charte des droits fondamentaux, a ajouté Monseigneur van Luyn, en précisant que la conférence épiscopale polonaise avait émis une réserve sur cette Charte. « On ne peut pas dire que la position de la conférence épiscopale polonaise soit critique vis-à-vis de la Charte des droits fondamentaux », a enchaîné l'Archevêque de Varsovie et vice-président de la COMECE Piotr Jarecki. « Nous avons au final un document plutôt positif. Les évêques polonais espèrent que toutes les valeurs énumérées dans la Charte des droits fondamentaux seront comprises dans le contexte de l'identité chrétienne et de l'histoire en Europe. Une histoire qui s'inspire d'abord et avant tout des valeurs chrétiennes et de la foi », a poursuivi Monseigneur Jarecki.
Migrations et réfugiés d'Irak. Au regard de la situation désespérée des réfugiés d'Irak, en particulier les chrétiens (qui sont qualifiés d'extrêmement vulnérables par le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU), les évêques demandent à l'UE et à ses Etats membres de (1) s'accorder dans les plus brefs délais sur la prise en charge accrue des réfugiés irakiens dans les deux ans qui viennent, (2) faciliter avant tout la prise en charge des enfants de réfugiés et qui sont malades dans cette région afin qu'ils soient hospitalisés en Europe. L'archevêque de Dublin et vice-président de la COMECE, Diarmuid Martin, a indiqué, à propos des réfugiés d'Irak, qu'« il est indispensable de faire face au problème de la fuite des chrétiens du Moyen-Orient. (…) Il faut apporter une aide humanitaire à ceux qui ont besoin de protection immédiate mais tout cela demande un climat d'accueil, un climat dans lequel les chrétiens se sentent bien accueillis », a-t-il conclu. (G. B.)