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Bulletin Quotidien Europe N° 9537
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Un accord avant fin 2007 paraît de plus en plus hypothétique

Bruxelles, 06/11/2007 (Agence Europe) - Selon les négociateurs en chef brésilien et indien, des progrès considérables sont encore possibles pour parvenir au compromis attendu sur la libéralisation des échanges mondiaux avant la fin de l'année. « Nous sommes plus proches que jamais d'un accord », a estimé la semaine dernière le ministre du Commerce indien Kamal Nath. « Tout ce qu'il nous manque, c'est simplement un peu de volonté politique pour obtenir un résultat final. Je pense qu'il est possible qu'avant la fin de l'année, nous parvenions à un accord sur les chiffres essentiels », a estimé le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim lundi 5 novembre. L'optimisme des chefs de file du groupe des pays émergents du G-20 contraste néanmoins avec la prudence encore affichée par l'UE. S'exprimant le même jour devant la commission Développement du Parlement européen, Peter Mandelson a, une fois encore, mis l'accent sur les avantages escomptés de la libéralisation du commerce mondial, aussi bien en termes de nouvelles opportunités commerciales pour les pays en développement, en particulier pour le commerce Sud-Sud, que de discipline pour les subventions agricoles dans les pays riches. Le commissaire européen au Commerce a toutefois de nouveau averti du danger du blocage persistant sur le volet des produits industriels (NAMA). « Il y a un grand déséquilibre dans ce que les pays en développement sont appelés à faire. En ce moment, nous voyons une tentative de la part de certains d'influer sur les discussions pour qu'au final, les économies émergentes ne contribuent presque pas aux nouveaux flux commerciaux. Ce n'est pas acceptable. Pas uniquement pour l'Europe, mais parce que ceci supprimerait tous les bénéfices du commerce Sud-Sud », a-t-il insisté.

Si de nombreux négociateurs tablaient à Genève sur une conclusion du round d'ici décembre, l'accumulation des exigences maximalistes de certains membres de l'OMC, les critiques des projets de compromis Falconer/Stephenson et les contre-propositions rendent ce pronostic de plus en irréaliste. L'UE et les Etats-Unis considèrent que les pays émergents rechignent encore trop à ouvrir leurs marchés aux biens industriels, ce qui, avec la libéralisation des échanges de services, constitue le prix que doivent payer ces pays pour obtenir une baisse sensible du soutien agricole américain et un accès accru au marché agricole européen. Washington estime en outre que certains pays développés comme les pays importateurs agricoles net du G-10, Japon et Suisse en tête, ne sont pas suffisamment disposés à ouvrir leurs frontières dans le secteur agricole. A l'inverse, les pays émergents emmenés par l'Afrique du Sud, le Brésil et l'Inde, reprochent aux Etats-Unis d'exiger d'eux d'ouvrir davantage leur industrie à la concurrence avant même de concéder de véritables réductions des subventions agricoles américaines qui faussent les échanges. Si le niveau des soutiens agricoles européens reste critiqué à Genève, l'UE a entrepris en 2003 une réforme de la PAC visant à les diminuer. Des efforts auxquels doivent désormais consentir les Etats-Unis où les perspectives de réforme sont nettement moins claires puisque le Congrès travaille encore sur la nouvelle loi d'orientation agricole (Farm Bill). Compte tenu de tous ces éléments, un accord avant fin 2007 paraît de plus en plus hypothétique. Néanmoins, des textes de compromis révisés sur l'agriculture et les NAMA sont attendus à Genève d'ici la mi-novembre.

Toujours est-il qu'un nouveau délai pour la conclusion du round serait, selon la Commission, une mauvaise affaire pour l'UE d'un point de vue tactique. Si, faute d'accord fin 2007, le round devait être gelé jusqu'en 2009, l'UE serait doublement pénalisée, a averti la semaine dernière une source proche de la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel. Il sera en effet plus difficile de « vendre » à ce moment-là à Genève la réforme de la PAC de 2003. En outre, les négociations sur le financement de l'UE après 2013 seront en cours, ce qui accentuera les pressions en faveur de nouvelles réformes agricoles. (E.H.)

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