login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9519
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Les ministres définissent une position commune sur les taux de change en vue du G7 - Les ambitions budgétaires de certains déçoivent

Luxembourg, 09/10/2007 (Agence Europe) - Les préoccupations sur les taux de change sont plus vives, mais le message des Européens reste timide. Lundi 8 octobre, l'Eurogroupe est parvenu à élaborer une position qui sera défendue lors du G7 à Washington (19-21 octobre), établissant une hiérarchie des problèmes. Les critiques, plutôt modérées sur le dollar et le yen, se focalisent sur le yuan. Après un long débat sur les politiques de change, les ministres des Finances de la zone euro ont à nouveau exigé de leurs partenaires une réappréciation de leurs devises.

Les taux de change doivent refléter les fondamentaux économiques et la volatilité excessive des taux de change est peu souhaitable pour la croissance économique, réaffirment les conclusions adoptées par les Treize, qui visent surtout la Chine. « Dans les économies émergentes qui connaissent des excédents de comptes courants importants et croissants, particulièrement la Chine, il est souhaitable que les taux de change réels évoluent pour que les ajustements nécessaires interviennent », a déclaré, à l'issue de la réunion, Jean-Claude Juncker, faisant lecture à la presse du texte mis au point. Le président de l'Eurogroupe a dans le même temps annoncé qu'il se rendrait en Chine, d'ici la fin de cette année, en compagnie du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia, et du président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, pour discuter des politiques macro-économiques avec les autorités chinoises.

La formule retenue pour le dollar ne change pas vraiment des précédentes, reflétant mal le degré d'inquiétude de certains Etats membres. « Nous avons constaté avec grande attention que les autorités américaines avaient réaffirmé qu'un dollar fort était dans l'intérêt des Etats-Unis », se contente d'indiquer le texte, M. Juncker insistant sur les mots 'grande attention'.

Peu d'innovations non plus concernant le yen, les marchés étant invités par l'Eurogroupe à se montrer. « L'économie japonaise est sur la voie du redressement, ce développement devrait être reconnu par les participants au marché et repris dans l'évaluation des risques. Le marché devrait être conscient des paris à voie unique », soulignent les conclusions des ministres. « Vous aurez noté que les trois points que nous avons abordés, c'est d'abord la Chine, puis le dollar, puis le yen », a ajouté M. Juncker, qui s'est refusé à tout autre commentaire, y compris sur les échanges qui ont animé l'Eurogroupe.

Avant la réunion, les ministres allemand et néerlandais étaient montés au créneau, se voulant rassurants sur le niveau de l'euro. Une position qui illustre les divergences d'appréciation qui existent dans la zone euro, où d'autres, comme la France, affirment plus volontiers leurs craintes et stigmatisent la faiblesse relative du dollar. « Je préfère un euro fort à un euro faible », avait déclaré Peer Steinbruck à son arrivée à Luxembourg, lançant même: « J'adore un euro fort ». Dans le même registre, son homologue néerlandais, Wouter Bos, s'est félicité du niveau actuel de l'euro, conforme aux ambitions. « Toute l'idée de l'Union monétaire était de faire un euro fort. Maintenant que c'est un euro fort, je pense que nous devrions être contents », a-t-il souligné, rappelant que les prévisions de croissance restent bonnes.

A ce stade, l'économie de la zone euro résiste bien

En attendant les prochaines prévisions de la Commission, qui seront publiées le 9 novembre, le constat sur la situation économique de la zone euro reste le même. L'impact des turbulences financières ne devraient pas grandement affecter l'économie de la zone euro en 2007, mais les risques pour 2008 augmentent (notamment EUROPE n° 9499 et 9516), a ainsi constaté l'Eurogroupe. La croissance devrait rester soutenue durant la deuxième partie de l'année, a confirmé M. Juncker, jugeant que « les données fondamentales de la zone euro restent saines et la croissance en 2007 sera de 2,5% », légèrement inférieure aux prévisions. L'impact des perturbations sur les marchés financiers ne paraît pas substantiel et sera « plutôt mineur », a-t-il ajouté, reconnaissant que « les risques adverses pour 2008 existent ». Pour le commissaire Almunia aussi, les fondamentaux économiques solides devraient « permettre d'amortir les incertitudes actuelles ». Si les marchés manquent de confiance et si, avec la crise des liquidités, les conditions de prêt se sont resserrées, l'inflation salariale est maitrisée, les bilans des entreprises sont solides et l'environnement global est relativement favorable, a-t-il souligné.

Les ambitions budgétaires françaises et italiennes ne sont pas à la hauteur des exigences

Dans ce contexte incertain, mais avec des fondamentaux toujours solides, les Etats membres pourraient faire mieux en termes d'assainissement des finances publiques. Dans les projets de budgets que certains ministres ont présentés lundi à leurs homologues, les trajectoires d'ajustement ne correspondent en effet pas toujours aux engagements pris à Berlin en avril dernier. Pour 2007, le déficit devrait être inférieur à 1% du PIB, mais le résultat pourrait être meilleur, a regretté M. Almunia, qui observe qu'en 2008 les politiques pro-cycliques ne seront pas encore abandonnées dans tous les Etats membres. Certains pays se trouvent toujours en procédure pour déficit excessif (Italie et Portugal) et seuls six pays de la zone euro ont atteint leur objectif à moyen terme (OMT). Sept autres n'y sont pas encore parvenus. Quatre d'entre eux (Allemagne, Autriche, Malte et Slovénie) respectent la trajectoire d'ajustement structurel prescrite (amélioration du déficit d'au moins 0,5% par an), mais trois autres non: la France, la Grèce et Chypre. Or, ces efforts devraient se poursuivre compte tenu de la situation actuelle favorable, a martelé le commissaire. « Comme nous avons toujours des interrogations sur l'ampleur exacte de la croissance économique, notamment en France, nous allons revenir à cet aspect des choses » en janvier 2008, a expliqué M. Juncker.

« Le projet de loi de finances (français, NDLR) ne correspond pas tout à fait au niveau de nos attentes », a-t-il déploré, rappelant le souhait de l'Eurogroupe de voir tous les pays de la zone euro arriver à leur OMT en 2010. La situation budgétaire française, réexposée lundi soir par la ministre Christine Lagarde à la lumière du projet de budget pour 2008 dévoilé récemment (EUROPE n° 9510), n'est pas pleinement satisfaisante et rend cette échéance de 2010 incertaine. « Aussi bien pour 2007 que pour 2008, nos premières estimations indiqueraient un déficit légèrement supérieur aux chiffres présentés par le gouvernement français », a observé M. Almunia (la France prévoit un déficit de 2,3% du PIB en 2008, contre 2,4% en 2007).

Le déficit italien pour 2007 sera de 2,4% du PIB et le pays « va probablement corriger son déficit excessif d'ici la fin de l'année », a ensuite constaté le commissaire, qui remarque néanmoins: « Si les recettes supplémentaires n'avaient pas été utilisées pour accroître les dépenses cette année, le déficit italien aurait pu être inférieur d'un point de PIB ». Pour l'année prochaine, la prévision du déficit est de 2,2% du PIB, soit un ajustement structurel de 0,2% seulement, ce qui reporte l'OMT à 2011, au-delà de l'échéance fixée en avril. Pour s'en tenir aux engagements souscrits par tous à Berlin, la Commission attend donc d'autres mesures.

Du côté grec, l'objectif de déficit de 1,7% en 2007 est « ambitieux », selon le commissaire, qui a par ailleurs confirmé que la Grèce avait accepté la proposition d'Eurostat d'une révision du PIB grec de 9,6% (les autorités grecques avaient proposé une révision plus élevée).

Mais il y a aussi de « bons exemples », s'est réjoui M. Almunia, se félicitant du déficit allemand, qui serait proche de l'équilibre cette année (0,1%). Aux Pays-Bas, le budget 2008 prévoit un excédent de 0,5%, alors qu'en Finlande et en Espagne, les chiffres sont également « favorables ». (ab)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT