Bruxelles, 09/10/2007 (Agence Europe) - A l'initiative de la Lituanie et de la Pologne, Vilnius est l'hôte, les 10 et 11 octobre, d'une conférence de très haut niveau sur la sécurité énergétique. L'objectif de ce « sommet », auquel participent une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement et de ministres des Etats membres de l'UE ainsi que des pays d'Asie centrale et d'autres pays tiers, est de discuter des questions relatives à la politique extérieure de l'UE dans le domaine de l'énergie, avec une attention particulière portée à sa dimension orientale, à la coopération énergétique et à la diversification de l'approvisionnement.
« La conférence abordera les questions liées aux défis globaux de la sécurité énergétique et aux futures lignes directrices pour la politique énergétique extérieure de l'UE. Nous avons pour ambition d'explorer de nouvelles voies de coopération mutuellement bénéfique entre les principaux pays producteurs, consommateurs et de transit. Le dialogue énergétique transatlantique, la coopération énergétique avec la Russie et les régions des mers Noire et Caspienne ainsi que le développement de la stratégie énergétique de la Baltique seront les thèmes centraux de la conférence », indique le président lituanien Valdas Adamkus dans un message de bienvenue. Son objectif: offrir une plateforme aux principaux acteurs dans le domaine de l'énergie pour une « discussion ouverte » sur une large gamme de questions globales et régionales. « Le moment est venu que nous parvenions à un accord sur une vision commune de la future politique énergétique européenne et globale. En unissant nos efforts, nous pouvons trouver les meilleures solutions et ne pas manquer une occasion historique de répondre aujourd'hui aux défis de demain », conclut-il.
« Le message spécial qui devrait sortir de la conférence de Vilnius est: diversification », a expliqué l'ambassadeur de la Lituanie auprès de l'UE, Rytis Martikonis, dans un entretien accordé lundi 8 octobre à EUROPE. « Nous ne pouvons pas compter sur une seule source d'énergie, sur un fournisseur unique. À cet égard, la situation des Etats baltes est urgente et grave. La réalité est qu'aujourd'hui, nous dépendons beaucoup des approvisionnements venant de Russie. Nous devons diversifier. Et pour diversifier, nous devons nous interconnecter, nous devons faire partie intégrante du marché européen. Il est évident que si nous voulons rechercher des solutions de rechange (aux approvisionnements russes, NDLR), l'Asie centrale a un rôle important à jouer », a-t-il ajouté. M. Martikonis a par ailleurs précisé que le gouvernement lituanien espère parvenir, en marge de la conférence, à un accord sur le « pont électrique » entre la Lituanie et la Pologne. « Ce serait un signal important que nous pouvons faire des choses, et pas seulement en parler », a-t-il estimé, avant de conclure: « Nous sommes au stade final des discussions pour établir l'entreprise conjointe qui va construire le « pont », projet énergétique qui a été confirmé comme prioritaire par le Conseil européen en mars dernier ».
Outre le président lituanien et son premier ministre Gediminas Kirkilas, la conférence de Vilnius va réunir le président polonais Lech Kaczynski et son ministre de l'Economie Piotr Wozniak, le président letton, Valdis Zatlers, le premier ministre estonien Andrus Ansip, le président roumain Traian Basescu. Les pays producteurs et de transit d'Europe orientale et d'Asie centrale seront représentés par leurs présidents Ilham Aliyev (Azerbaïdjan), Mikhaïl Saakachvili (Géorgie) et Viktor Iouchtchenko (Ukraine) ; le Kazakhstan sera représenté par son ministre de l'Energie Sauat Mynbayev. Le commissaire Andris Piebalgs représentera la Commission européenne dont le président, José Manuel Barroso, s'adressera aux conférenciers via un message vidéo. Il est à noter que de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE initialement invités ont décliné l'invitation du président Adamkus. Pour les gouvernements de l'UE, seront présents le ministre belge de l'Economie Marc Verwilghen, le ministre espagnol de l'Industrie Joan Clos, le ministre français de l'Ecologie et du développement durable Jean-Louis Borloo, la ministre suédoise des Affaires européennes Cecilia Malmström, le ministre néerlandais des Affaires européennes Frans Timmermans, le ministre britannique de l'Energie Malcolm Wicks, le vice-ministre tchèque des Affaires européennes Alexandr Vondra et le ministre slovène (sans portefeuille) Ziga Turk. Hors UE, la Russie sera représentée par son ambassadeur en Lituanie, Boris Tsepov, la Norvège par sa secrétaire d'Etat du ministère de l'Energie Monica Bargem Stubholt, la Turquie par son ministre de l'Energie Mehmet Hilmi Güler, le Turkménistan par le directeur de l'Agence d'Etat pour la gestion des ressources hydrocarbures, Bayrammyrat Myradov, et les Etats-Unis par le vice-secrétaire d'Etat à l'Energie Clay Sell.
Le sommet sera précédé d'un Forum énergétique qui réunira de nombreux experts et représentants de la Commission, des Etats membres et des pays tiers, des compagnies énergétiques - Eesti Energia (Estonie), PKN Orlen et PGNiG (Pologne), Rompetrol (Roumanie), Iberdrola (Espagne) et Areva (France) et du milieu universitaire et auquel participera le professeur Wladyslaw Mielczarski, récemment nommé coordinateur pour un des projets énergétiques prioritaires, l'interconnexion électrique Allemagne/Pologne/Lituanie. (eh)