Bruxelles, 08/10/2007 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, craint qu'à l'avenir, avec l'entrée en vigueur du nouveau traité, les Etats membres puissent être tentés de régler les problèmes européens entre eux, en contournant les institutions communautaires. « Le nouveau traité comporte de grands risques pour l'avenir de la Commission et du Parlement européen », dans la mesure où avec la Présidence stable du Conseil européen, qui remplacera la Présidence semestrielle tournante, « un nouveau circuit, parallèle à la Commission et au Parlement, pourrait se créer », affirme-t-il dans une interview parue dans le quotidien belge De Standaard du 6 octobre. « Le danger est réel de voir que les gouvernements régleront leurs problèmes entre eux, sans tenir compte des institutions communautaires (…). Après l'entrée en vigueur du nouveau traité, nous devrons être vigilants en permanence pour que les nouvelles dispositions (du traité) ne soient pas détournées pour réduire le pouvoir des institutions communautaires », souligne M. Barroso.
Le président de la Commission critique aussi sévèrement l'Allemagne qu'il soupçonne d'instrumentaliser le principe de subsidiarité pour affaiblir les institutions communautaires. « Le plaidoyer allemand pour laisser les compétences là où elles peuvent être exercées le plus proche possible des citoyens - à quoi je ne m'oppose pas - est en fait dirigé contre les institutions européennes », affirme-t-il dans la même interview. M. Barroso parle aussi de « certaines contradictions » dans la politique européenne de l'Allemagne, en citant le refus allemand de financer le projet Galileo par le budget communautaire et l'opposition de Berlin à certains aspects du paquet énergétique proposé par la Commission. L'attitude de Berlin dans ces deux dossiers « préoccupe » M. Barroso qui ajoute: « J'espère que l'Allemagne ne perdra pas l'élan européen qu'elle a eu au cours de sa Présidence de l'UE au premier semestre de cette année ». (hb)