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Bulletin Quotidien Europe N° 9518
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/doha

La pression se renforce sur l'Afrique du Sud, le Brésil et l'Inde qui revendiquent davantage de souplesse en matière agricole

Bruxelles, 08/10/2007 (Agence Europe) - Après son homologue américaine Susan Schwab la veille (EUROPE n° 9517), Peter Mandelson a lui aussi accentué la pression, vendredi 5 octobre, sur les pays leaders du groupe des émergents (G-20), l'Afrique du Sud, le Brésil et l'Inde, pour qu'ils acceptent de négocier sur la base des projets de compromis Falconer/Stephenson en agriculture et sur les produits industriels (NAMA). « Il est essentiel que chacun [chaque pays membre de l'OMC, NDLR] accepte les textes sur la table comme base des négociations », a estimé le commissaire européen au Commerce, en marge d'une visite en Jamaïque. « Le fait qu'il y a des textes sur la table nous permet de nous concentrer sur les questions clés. Cependant, tous les joueurs doivent consentir des efforts équitables dans ce processus. En particulier, un certain nombre de pays en développement doivent signaler qu'ils acceptent le contenu spécifique des textes sur l'agriculture et les produits industriels. L'UE, les Etats-Unis et les nations de l'APEC l'ont déjà fait. L'Afrique du Sud, le Brésil et l'Inde doivent délivrer un tel message à l'occasion de leur sommet tripartite le 17 octobre », a-t-il insisté. Autant dire que le sommet de Pretoria, où se retrouveront le président sud-africain Thabo Mbeki, le président brésilien Lula da Silva et le Premier ministre indien Manmohan Singh, suscite déjà toutes les attentes.

Pourtant, à analyser les déclarations des ambassadeurs de ces mêmes pays auprès de l'OMC à Genève, il est difficile de mesurer combien les 150 membres de l'OMC sont réellement proches d'un compromis sur l'agriculture, principale pierre d'achoppement des négociations de Doha, et domaine aussi politiquement sensible pour les pays du G-20 qu'il l'est pour les pays développés. Ce n'est probablement nulle part ailleurs aussi évident qu'en Inde, où un accord agricole pourrait rendre encore plus vulnérables les centaines de millions de personnes qui dépendent d'une agriculture de subsistance. « Tous ces facteurs renforcent notre détermination à obtenir que l'agriculture dans les pays en développement soit traitée différemment », a expliqué, en marge du Forum public de l'OMC vendredi dernier, l'ambassadeur indien à l'OMC, Ujal Singh Bhatia. Ceci explique pourquoi New Delhi insiste tant pour introduire dans le compromis agricole des garde-fous (produits spéciaux et mécanisme spécial de sauvegarde) destinés à protéger la sécurité alimentaire, le niveau de vie des citoyens et la promotion du développement rural. Des garde-fous très décriés par les Etats-Unis pour qui ces « échappatoires » permettraient aux pays émergents de se soustraire, en partie du moins, aux concessions qui leur sont exigées par les pays riches en matière d'accès au marché agricole. Ceci explique aussi pourquoi Pretoria, Brasilia et New Delhi veulent toutes les assurances que l'UE, mais surtout les Etats-Unis, réduiront drastiquement leurs soutiens internes à l'agriculture. « Pour nous, la question de l'équité en agriculture est fondamentale », a insisté l'ambassadeur brésilien à l'OMC, Paolo Estivallet de Mesquita.

Il est donc difficile d'imaginer dans ces conditions que l'Afrique du Sud, le Brésil et l'Inde acceptent un compromis sur les NAMA, qui nécessiterait davantage de concessions de leur part en matière d'accès au marché industriel, tant qu'ils n'auront pas obtenu les assurances d'un compromis équilibré en agriculture. Un compromis dont les 150 membres de l'OMC semblent encore loin même si les contours d'un accord global sont de plus en plus palpables désormais. (eh)

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