Bruxelles, 08/10/2007 (Agence Europe) - Le gouvernement grec a une nouvelle fois dénoncé le manque de bonne volonté de la Turquie pour enrayer le flot d'immigrants clandestins traversant ses frontières. « La Grèce estime que le problème de l'immigration illégale, qui revêt une vaste dimension humanitaire, peut être géré efficacement au travers d'une coopération sincère au niveau international et bilatéral, avec une coopération constructive entre pays voisins…Mais pas au moyen de fausses allégations et d'accusations infondées », a déclaré dimanche 7 octobre George Koumoutsakos, le porte-parole du ministre grec des Affaires étrangères. « Alors qu'il paraît évident que les frontières terrestres et maritimes à l'est de la Grèce subissent la pression continue et intensive d'un nombre croissant d'immigrants clandestins, certaines personnes en Turquie n'hésitent pas ouvertement à déformer la réalité et à éviter leurs propres responsabilités », a-t-il déclaré, selon la presse grecque. Quelque 7.944 immigrants illégaux ont été arrêtés aux frontières est de la Grèce en 2005. En 2006, ce nombre a atteint 22.151 et, durant les huit premiers mois de l'année 2007, 17.897 clandestins en provenance de Turquie ont déjà été arrêtés. Pour M. Koumoutsakos, il est évident que la Turquie ne respecte pas ses engagements au titre du protocole de réadmission entre les deux pays. Entre avril 2005 et mai 2007, la Turquie a accepté la réadmission de 1.646 immigrants clandestins sur un total de 24.754 demandes, soit 6,65%. Le porte-parole a encore ajouté qu'aucun réel progrès n'avait été réalisé concernant les négociations visant à conclure un accord de réadmission entre la Turquie et l'UE. Et M. Koumoutsakos de conclure: « Ce que nous attendons du côté turc, c'est non seulement une réponse substantielle dans le cadre de la coopération bilatérale (…) mais aussi la conclusion rapide de l'accord de réadmission avec l'UE ».
L'Agence européenne aux frontières (Frontex) coordonne actuellement des missions dans la région de la Méditerranée orientale, dans le cadre de l'opération « Poseidon 2007 ». En juin dernier, Frontex avait fait état de l'interception de plus de 900 immigrés clandestins. L'agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) relève de son côté que le nombre de migrants et de demandeurs d'asile interceptés ou sauvés par les gardes-côtes grecs en mer Egée avoisine les 4.500 cette année, chiffre en forte augmentation par rapport aux précédentes années. La police grecque cite même le nombre de 5.000 personnes arrêtées uniquement dans les îles de Samos (2.400), de Chios et de Lesvos. A cette occasion, l'UNHCR exprime de fortes inquiétudes à propos des conditions de détention dans le centre de rétention de Samos, compte tenu de la surpopulation et de l'hygiène, et demande sa fermeture immédiate. Les autorités grecques ont indiqué que toutes ces personnes devraient être transférées dans un nouveau centre d'ici la fin du mois d'octobre. A noter également que, rien que pour les huit premiers mois de l'année, quelque 3.500 Irakiens ont introduit, une demande d'asile en Grèce, le pays le plus sollicité dans l'UE étant la Suède (10.800 demandes de janvier à juillet). La Grèce est régulièrement pointée du doigt pour ses lacunes dans le domaine des procédures d'accès à l'asile. Cela inclut notamment le manque d'information au niveau des droits et des procédures applicables, le manque d'interprètes et l'insuffisance de l'aide légale. Enfin, en juin dernier, la Grèce s'est fait remarquer par son refus persistant d'examiner les demandes d'asile qui lui sont renvoyées par d'autres Etats membres (EUROPE n° 9441). (bc)