Bruxelles, 19/09/2007 (Agence Europe) - Lors d'une conférence au Parlement européen, mardi 18 septembre, plusieurs spécialistes et eurodéputés ont discuté de la position de l'Union envers l'Iran, à la lumière du programme nucléaire de Téhéran. « En utilisant des sanctions économiques, nous estimons que l'UE a à sa disposition une arme puissante capable de mettre fin au programme nucléaire iranien par des moyens pacifiques », expliquent les députés Paulo Casaca (PSE, portugais), Charles Tannock et Geoffrey Van Orden (PPE-DE, britanniques) dans un communiqué de presse.
La conférence est revenue sur le contenu d'une lettre ouverte adressée au président du Conseil européen et publiée dans European Voice le 30 août dernier, rédigée par ces trois députés et par Frédérique Ries (ALDE, belge), Marek Siwiec (PSE, polonais), Hannu Takkula (ADLE, finlandais) et Janusz Wojciechowski (UEN, polonais). Signée par plus de 130 parlementaires nationaux et européens, la lettre s'inquiète du risque que représente le programme nucléaire iranien, et préconise une action plus ferme contre cet Etat. Elle attire l'attention sur les violations, par l'Iran, à la fois de la Charte des Nations unies en appelant à la destruction d'Israël, et du Traité de non-prolifération nucléaire par le développement continu de son programme d'enrichissement de matériel nucléaire. « 40% de toutes les importations iraniennes actuelles proviennent de l'Union européenne », constatent les députés qui ajoutent « Nous demandons à l'UE et ses États membres de mettre en œuvre pleinement la résolution 1747 du Conseil de sécurité des Nations unies […], et nous encourageons toutes les entreprises européennes à mettre fin à leurs activités économiques en République islamique d'Iran ».
Lors de la conférence, cette position a été étayée par les interventions de Frederic Encel, professeur de relations internationales à l'Institut d'études politiques de Rennes, et Claude Moniquet, directeur du ESISC (« European Strategic Intelligence and Security Center », Bruxelles). M. Encel a souligné que l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Egypte vont entrer dans la course vers le nucléaire si les efforts iraniens aboutissent. Adopter une approche plus ferme envers l'Iran ne serait pas une catastrophe, ni diplomatiquement ni économiquement. L'Iran n'aurait, hormis l'Arménie, pas d'alliés dans la région susceptibles d'être froissés par une intensification des sanctions. Sur le plan économique, une hausse du prix du pétrole serait tolérable, et « nous devons avoir nos priorités ». Après un survol des organes de l'État iranien, la présentation de
M. Moniquet a mis l'accent sur les activités du groupe Hezbollah et il a constaté: « Le Conseil européen a refusé d'inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes, bien que le Parlement ait adopté, le 10 mars 2005, une résolution dans ce sens par 437 voix contre 33 ». M. Moniquet s'est néanmoins déclaré inquiet, dans le cas d'une attaque militaire contre l'Iran, du risque de représailles prenant pour cible des installations nucléaires européennes, « directement ou par l'intermédiaire du Hezbollah, ou les deux ». (cd)