Bruxelles, 06/09/2007 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et les commissaires Jan Figel (éducation, culture, jeunesse) et Leonard Orban (multilinguisme) se sont rendus mercredi 5 septembre à Sibiu, en Roumanie, pour assister, d'une part, au troisième rassemblement œcuménique européen et rencontrer, d'autre part, des officiels roumains avec lesquels ils se sont entretenus et s'entretiendront encore vendredi 7 septembre. Consacré à l'Europe, aux religions et aux migrations, le troisième rassemblement œcuménique européen est organisé par la CEC (Conférence des Eglises européennes) et le CCEE (Conseil des Conférences épiscopales d'Europe) et réunit plus de 2500 délégués appartenant aux différentes familles chrétiennes européennes.
Dans son discours, M. Barroso a rappelé l'engagement précoce des Eglises chrétiennes à « la grande aventure de la construction européenne ». L'Europe sera de plus en plus un continent multiethnique, multiculturel et multireligieux, or la religion est une source importante de valeurs et peut jouer un rôle important en promouvant l'appréciation d'autres cultures, religions et modes de vie pour contribuer à établir l'harmonie entre eux, a déclaré M. Barroso. Le christianisme est un élément fondamental de « l'identité culturelle commune » européenne et la construction européenne ne se réduit pas à ses seules dimensions géographique et économique mais intègre un partage de valeurs comprenant notamment l'humanisme et la démocratie, a poursuivi le président Barroso. Plus généralement, il a évoqué la nécessité de moderniser le fonctionnement institutionnel de l'Europe et ses méthodes de travail, et se félicite, dans ce cadre, des avancées significatives proposées par le futur traité européen, « qui rendra l'Europe plus démocratique, plus transparente et plus efficace » et plus apte à répondre aux défis liés notamment aux changements climatiques et à la sécurité énergétique. M. Barroso doit rencontrer vendredi le président roumain Traian Basescu.
Le commissaire Figel s'est, pour sa part, entretenu avec le ministre roumain de l'éducation, de la recherche et de la jeunesse, Cristian Adomnitei. Selon le commissaire, la Roumanie doit attirer davantage d'étudiants étrangers et non pas seulement encourager les étudiants roumains à poursuivre leurs études à l'étranger. M. Figel juge également nécessaire, pour la Roumanie, d'avoir une vision à long terme en matière d'éducation: « sans une meilleure éducation, nous ne serons pas en mesure de créer plus d'emplois et la cohésion sociale. J'ai invité les écoles et les universités roumaines à prendre une part plus active au développement en cours dans l'Union », a-t-il déclaré. M. Figel doit encore rencontrer plusieurs recteurs d'universités roumaines et Klaus Johannis, le maire de Sibiu, capitale européenne de la culture en 2007. Chargé du multilinguisme, le commissaire Orban s'est s'entretenu avec M.Van der Linden, président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Il a déclaré que la Roumanie avait encore besoin de temps pour rattraper son retard et s'intégrer pleinement dans l'Union européenne, mais rejeté l'idée d'une accession trop rapide de son pays au processus européen: « Nous avons rejoint une famille politique et culturelle à laquelle nous appartenons naturellement. Et à leur tour, notre culture et notre mode de penser apportent un élément nouveau et enrichissant à « l'unité dans la diversité » de l'Europe », a-t-il dit. Estimant qu'il est indispensable de développer le dialogue interculturel et religieux dans et hors de l'Europe, il souligne la nécessité d'approfondir une politique multilingue, « facteur de réussite important » et s'est dit prêt à renforcer la politique de l'UE en la matière, politique qui doit aller au-delà du simple apprentissage des langues étrangères mais « englober tous les aspects liés aux langues dans la vie quotidienne des citoyens ». (il)