Strasbourg, 06/09/2007 (Agence Europe) - Pourquoi s'obstiner à mener une politique consistant à réduire le tonnage et la puissance des navires, alors qu'elle a donné si peu de résultats? Il conviendrait peut-être d'explorer d'autres voies pour maîtriser l'effort de pêche, par exemple en contrôlant rigoureusement les activités des navires par zone géographique. Ces suggestions sont formulées par le Parlement européen, après le vote, mercredi 5 septembre, du rapport de Paulo Casaca (PSE, Portugais) qui analyse le rapport de la Commission européenne sur les efforts réalisés en 2005 par les Etats membres pour instaurer un équilibre durable entre la capacité de pêche et les possibilités de pêche.
Les membres du Parlement européen notent une réduction progressive de la capacité et de la puissance globale de la flotte (environ 2% par an), mais « sans pour autant que le niveau d'exploitation des ressources ait faibli ». La pression sur la ressource est restée identique au fil des ans « en raison des progrès des techniques navales qui neutralisent ou anéantissent les possibilités en termes de rendement et d'effort de pêche attendues des modestes réductions obtenues ». Le Parlement juge utile de « s'interroger sur l'utilité des schémas actuels d'adaptation de la flotte communautaire aux possibilités de pêche ». Il invite la Commission à « adopter les initiatives qui s'imposent pour passer éventuellement d'un régime de gestion des flottes fondé sur la limitation du tonnage et de la puissance des navires, à un régime permettant de maîtriser l'effort de pêche grâce à une gestion par zone géographique de pêche ».
Les parlementaires formulent d'autres requêtes à la Commission: - des propositions pour améliorer la sécurité des navires de la petite pêche côtière et de la pêche artisanale dans l'Union européenne (en vue notamment de rénover les embarcations pour « parfaire » les conditions d'hygiène et de sécurité à bord, sans pour autant entraîner un accroissement de l'effort de pêche): - une proposition visant à créer un Conseil régional consultatif spécifique aux régions ultrapériphériques de l'Union européenne.
Par ailleurs, le Parlement exige une analyse poussée de certains facteurs qui ont un impact considérable sur l'environnement marin et l'état des ressources, comme « la pollution côtière et en haute mer, les effluents industriels et agricoles, le dragage des fonds marins ou le transport maritime ». Enfin, il juge « inacceptable » que les Etats membres « ne respectent pas leurs obligations en matière de collecte et de transmission des données sur la capacité de pêche » et demande que les pays soient dès lors sanctionnés en conséquence. (lc)