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Bulletin Quotidien Europe N° 9446
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/climat

L'inventaire des émissions de gaz à effet de serre affiche une réduction des émissions en 2005, encourageante mais insuffisante pour respecter Kyoto, avertit la Commission

Bruxelles, 14/06/2007 (Agence Europe) - En 2005, les émissions de gaz à effet de serre de l'UE-27 avaient diminué de 0,7% par rapport à l'année précédente, et celles de l'UE-15 affichaient une réduction de 2% par rapport à 1990. Deux relatives bonnes nouvelles que tempèrent les performances très inégales des Etats membres, appelant à l'intensification des efforts si l'UE-15 veut respecter l'objectif auquel elle a souscrit de réduire collectivement son niveau moyen d'émissions de 8% à l'horizon 2008-2012 par rapport à 1990, année de référence du Protocole de Kyoto.

C'est ce que révèle l'inventaire annuel des émissions de gaz à effet de serre de la Communauté européenne établi par l'Agence européenne de l'environnement (AEE). Communiqué le 27 mai dernier au Secrétariat de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, ce rapport d'inventaire officiel a été rendu public le 14 juin.

Sur la base de ces données, Stavros Dimas, Commissaire à l'Environnement, encourage vivement les Etats membres à accélérer les réformes structurelles de l'économie pour garantir une réduction des émissions plus marquée et plus durable. Il se réjouit néanmoins de la réduction des émissions car sur la même période, la production intérieure brute de l'UE a augmenté de 1,8%: la preuve est faite que l'UE a réussi le découplage net entre croissance économique et hausse des émissions.

Dans un communiqué, le Commissaire déclare: « Il est très encourageant de constater que l'Union européenne réduit ses émissions tout en enregistrant une nette croissance économique, mais il est clair que de nombreux Etats membres doivent redoubler d'efforts pour réduire davantage leurs émissions si l'UE veut atteindre l'objectif qu'elle s'est fixé à Kyoto. En mars, les dirigeants européens ont adopté des objectifs à long terme de réduction des émissions, il n'y a donc aucune raison d'attendre plus longtemps pour prendre des mesures ambitieuses afin d'obtenir les changements structurels qui s'imposent dans nos modes de production et de consommation d'énergie ».

Le rapport d'inventaire révèle que, sur la période 2004-2005, les émissions de l'UE-15 ont diminué de 0,8%, principalement en raison d'une diminution des émissions de CO2 de 0,7% (26 millions de tonnes).

Par rapport à 1990, la réduction des émissions en 2005 était de 2% - un progrès à mettre principalement sur le compte d'une baisse des émissions dans les secteurs de la production d'électricité et de chaleur, des ménages et des services, et des transports routiers.

L'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas sont les trois pays qui ont le plus contribué à la réduction des émissions dans l'UE-15, la seule à être tenue par un objectif commun au titre du Protocole de Kyoto (l'UE-27 ne poursuit pas d'objectif commun dans le cadre de Kyoto).

L'Allemagne a réduit ses émissions de 2,3% (soit 23,5 millions de tonnes d'équivalent CO2) grâce au passage du charbon au gaz dans la production centralisée d'électricité et le chauffage urbain, à l'accroissement de l'efficacité dans les transports routiers (promotion des voitures diesel, introduction d'écotaxes imposées aux conducteurs) et à une politique de recyclage des déchets novatrice pour réduire les gaz fluorés. La Finlande a réussi une réduction de 14,6% (soit 11,9 millions de tonnes d'équivalent CO2, principalement grâce à une diminution de l'utilisation de combustibles fossiles dans la production centralisée d'électricité et le chauffage urbain. Les Pays-Bas ont réduit leurs émissions de 2,9%, (soit 6,3 millions de tonnes d'équivalent CO2 grâce à une utilisation moindre de combustibles fossiles et à un hiver clément. Belgique, Danemark, France, Luxembourg, Suède et Royaume-Uni ont, eux aussi, réduit leurs émissions.

A l'opposé, l'Espagne est, en termes absolus, le pays dans lequel les émissions de gaz à effet de serre ont le plus augmenté (une hausse de 3,6%, soit 15,4 millions de tonnes d'équivalent CO2, principalement imputable à l'augmentation de 17% de la production d'électricité par les centrales électriques à combustibles fossiles, combinée à une chute de 33% de la production d'électricité par les centrales hydroélectriques en raison de la baisse du niveau des fleuves). L'Autriche, la Grèce, l'Irlande, l'Italie et le Portugal affichent eux aussi, mais dans une moindre mesure, de piètres performances.

La Roumanie peut être fière de sa performance avec une réduction de 4% de ses émissions (6,4 millions de tonnes). La République tchèque (-1%), l'Estonie (-2,3%) et la Slovaquie (-1,6%) affichent également de bons scores.

L'année 2005 est la première année pour laquelle l'UE dispose de données vérifiées concernant les émissions de CO2 provenant des installations qui participent au système communautaire d'échange de quotas d'émission (ETS), entré en vigueur au 1er janvier 2005. Cette année-là, le système couvrait environ 50% des émissions de CO2 de l'UE-25 et environ 40% des émissions de gaz à effet de serre, soit l'équivalent de quelque 2 milliards de tonnes.

L'absence de données relatives aux émissions vérifiées en toute indépendance au cours des années qui ont précédé le lancement du système, ne permet pas de mesurer pleinement les effets du système sur les émissions. Toutefois, les premières recherches scientifiques indiquent que celles-ci pourraient avoir chuté de plusieurs points de pourcentage en 2005, par rapport au niveau atteint avant le lancement de l'ETS, souligne la Commission européenne.

L'UE-15 n'est pas sur la voie d'atteindre ses objectifs, estime FoE

Alarmée par ces chiffres, l'ONG environnementale Friends of the Earth Europe presse les Etats membres de mettre les bouchées doubles. « Les nouvelles données montrent clairement que l'UE est encore bien loin de respecter son objectif de Kyoto. La légère chute des émissions en 2005 correspond à la baisse enregistrée sur une année seulement et ne constitue en rien une tendance. Les gouvernements européens doivent sérieusement accroître leurs efforts pour combattre le changement climatique, en prenant des mesures drastiques capables de placer les émissions de l'UE sur la voie d'une baisse à long terme », déclare Sonja Meister.

S'il est vrai que « la légère réduction » des émissions en 2005 constitue la toute première baisse depuis 2001, l'ONG souligne que les réductions opérées par l'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas, masquent les augmentations de beaucoup d'autres pays comme l'Espagne et la Lituanie. En outre, les émissions combinées de l'UE-15 n'étaient qu'à 1,5% en dessous des niveaux de 1990, soit bien loin du
-8% requis à l'horizon 2012. L'Espagne, le Luxembourg, l'Autriche, le Portugal, l'Italie et l'Irlande, en particulier, sont encore très loin de leurs objectifs souscrits au titre du Protocole de Kyoto. (an)

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