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Bulletin Quotidien Europe N° 9445
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/climat

Le WWF s'alarme de la tendance des Etats membres à recourir au système d'échange de quotas d'émission pour se payer, au moindre coût, le luxe de ne pas réduire leurs émissions dans l'UE

Bruxelles, 13/06/2007 (Agence Europe) - Réduire les émissions de CO2 avec le système européen d'échange de quotas d'émission (ETS) tel qu'il fonctionne actuellement, serait-ce « mission impossible », s'interroge le WWF pour qui l'ETS, devrait, au contraire, être synonyme d' « émissions impossibles ».

Une étude réalisée par le WWF et publiée le 13 juin tend à démontrer que, si l'on n'y prend garde, ce que l'ONG environnementale considère comme « l'un des mécanismes les plus importants au monde pour s'attaquer au changement climatique sera sapé par des plans à courte vue » visant à permettre aux entreprises européennes de se payer des échappatoires en recourant au mécanisme de développement propre, plutôt que de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre sur leur territoire. Le WWF presse donc la Commission européenne de veiller à ce que la révision de l'ETS conduise à de réelles réductions des émissions en Europe et que l'octroi de crédits d'émissions à des entreprises européennes en contrepartie d'investissements dans les pays en développement soit limité aux seuls projets d'investissement propres de grande qualité, certifiés comme tels.

Le rapport intitulé « émissions impossibles » examine les plans nationaux de réduction des émissions de carbone des neuf Etats membres (France, Royaume-Uni, Allemagne, Irlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Espagne) qui ont reçu le feu vert de la Commission pour la période 2008-2012, et met en évidence deux tendances jugées alarmantes.

En effet, le WWF constate qu'au cours de la phase expérimentale du système (2005-2007), entre 88% et 100% des objectifs de réduction cumulés au titre de l'ETS ont pu être réalisés via l'achat bon marché de crédits d'émissions à l'extérieur de l'UE. Cela, en vertu du mécanisme de développement propre qui récompense les investissements des entreprises européennes dans les pays en développement par le droit d'acquérir des « permis de polluer ». Cette tendance prouve qu'il est financièrement plus avantageux d'acheter des crédits à l'extérieur de l'Europe que d'agir chez soi, et pourrait avoir pour résultat qu'au cours de la deuxième phase (2008-2012), l'ETS ne conduira à aucune réduction significative d'émissions au sein de l'UE estime l'ONG.

Le WWF a en outre de sérieux doutes sur la qualité de certains projets d'investissement financés dans le cadre de ce mécanisme de développement propre - projets qui, s'ils ne viennent pas en complément d'efforts réels de réduction des émissions dans les Etats membres, pourraient résulter dans « une véritable hausse des émissions », puisqu'ils génèrent la vente de crédits d'émissions, souligne l'ONG.

« Si les gouvernements ne s'attaquent pas à ces deux questions, la probabilité est grande que l'Europe ne fasse un bond en arrière pendant la seconde période d'échange des quotas d'émission », avertit Sanjeev Kumar, expert de l'antenne européenne du WWF. L'étude peut être consultée en ligne à l'adresse suivante: http: //assets.panda.org/downloads/emission_impossible_final_.pdf (an)

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