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Bulletin Quotidien Europe N° 9430
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/italie/reforme de l'ue

Défenseur du Traité constitutionnel, l'Italie n'acceptera pas n'importe quel compromis sur le futur Traité, déclare Romano Prodi pour qui un échec ouvrirait la porte à une Union à plusieurs vitesses

Strasbourg, 22/05/2007 (Agence Europe) - Le Président du Conseil italien, l'ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, a annoncé mardi devant le Parlement européen à Strasbourg que lors des négociations sur le futur Traité de l'UE au Conseil européen de juin et lors de la conférence intergouvernementale (CIG) qui suivra rapidement après, l'Italie travaillera avec force pour un « compromis élevé » qui sauvegarderait un maximum du projet de Traité constitutionnel. En revanche, « si ce compromis ne devait pas nous convaincre, nous ne l'accepterions pas », ce qui, selon M. Prodi, devrait alors mener à la création d'une « avant-garde » composée des pays membres les plus ambitieux qui souhaitent aller de l'avant dans la construction européenne. « A ce moment-là, une avant-garde de pays pourrait s'avérer la meilleure manière de continuer sur la voie d'une union toujours plus étroite, à condition de toujours laisser la porte ouverte à ceux qui voudraient les rejoindre plus tard », a-t-il affirmé devant les députés. M. Prodi s'est dit persuadé qu'un accord à 27 reste possible « et il faut que nous réussissons ensemble ». Mais en cas d'impossibilité d'un accord ambitieux à l'unanimité, il faudra se poser la question de « comment progresser », a dit M. Prodi. A ce moment-là, le principe de base doit être que certains pays membres réticents « ne peuvent pas limiter trop et pendant trop longtemps les aspirations des autres ». « Pour cette raison, l'Italie estime aujourd'hui qu'elle a un devoir de plus: le devoir d'imaginer ou de commencer à imaginer de quelle manière permettre aux pays qui le souhaitent, d'aller vraiment de l'avant dans la construction de l'unité de l'Europe », a poursuivi M. Prodi. « Je crois qu'il ne faut pas nécessairement avancer tous ensemble, à la même vitesse (…) ce n'est pas toujours possible (…) Non pas agir contre quelqu'un, mais sans exclure les autres et, bien au contraire, en laissant la porte ouverte ».

M. Prodi n'a pas précisé quelles seraient les lignes rouges du gouvernement italien dans les négociations sur le Traité, mais il a affirmé que « nous ne pourrons pas accepter de bouleversements dans le paquet institutionnel existant », dans le projet de Traité constitutionnel. « Le renforcement de la politique étrangère et de sécurité commune à travers un ministre des Affaires étrangères, une Présidence stable du Conseil européen, l'extension du vote à la majorité qualifiée, le dépassement de la structure à trois piliers et la personnalité juridique de l'Union sont autant d'aspects essentiels qu'il faut préserver », a dit M. Prodi. Le renforcement des institutions de l'UE est indispensable si l'on veut aboutir à une « Europe des résultats » capable de relever les défis de la mondialisation - aussi bien sur le plan intérieur (défense du modèle social européen, mise en place d'un véritable espace de liberté, de sécurité et de justice, etc.) que sur le plan extérieur (lutte contre le terrorisme, changement climatique, énergie, etc.). « Pour cette raison, je ne suis pas d'accord avec ceux qui continuent d'opposer la nécessité de produire des résultats, à la nécessité de renforcer les institutions. C'est justement pour produire davantage de résultats que je souhaite et que je me bats depuis toujours pour des institutions communes plus fortes et plus efficaces ».

Le Traité constitutionnel est un « beau texte » qui répond d'une très bonne manière aux exigences du temps et qui doterait l'UE de moyens appropriés pour faire face aux défis de la mondialisation, a souligné M. Prodi. « Malheureusement, l'évolution des négociations m'amène à penser que nous devrons remanier le texte et qu'en le faisant, nous nous priverions de quelque chose de très important ». « Nous perdrions un patrimoine de simplicité et de visibilité », au détriment de la compréhension des citoyens et, donc, de leur adhésion au projet européen, a dit le chef du gouvernement italien. Pour les 18 pays membres qui ont déjà ratifié le texte - dont l'Italie - il s'agirait d'un « sacrifice énorme, d'un prix très cher à payer ». « Gardons-le bien à l'esprit », a insisté M. Prodi.

M. Prodi a insisté sur le respect du calendrier pour l'entrée en vigueur du nouveau Traité. « En 2009, lors des élections européennes, les électeurs européens devront savoir sur quel type d'Europe ils sont appelés à se prononcer. Quel sera le rôle du PE ? Quelles seront ses missions ? S'il y aura une Présidence du Conseil stable, un ministre des Affaires étrangères européen. De quelle manière sera formée la Commission européenne et ainsi de suite ». A cette fin, le mandat de la CIG (que devra adopter le Conseil européen de juin) devra être « précis et sélectif ». Il devra indiquer les quelques problèmes significatifs de la négociation et, surtout, il devra indiquer comment les résoudre. « Avec un mandat ouvert, il serait difficile que la CIG puisse s'achever fin 2007 », a mis en garde M. Prodi. (hb)

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