Strasbourg, 22/05/2007 (Agence Europe) - Le Parlement européen a choisi le 22 mai, journée mondiale de la biodiversité, pour tirer la sonnette d'alarme: le déclin persistant de la biodiversité en Europe représente un problème aussi grave pour notre survie que le changement climatique ; il est donc urgent que l'UE mette les bouchées doubles pour respecter l'objectif auquel elle a souscrit en 2001 de « mettre un terme à l'appauvrissement de la biodiversité d'ici à 2010 » et de « remettre en état les habitats et les écosystèmes ».
En se prononçant sur la communication de la Commission intitulée « Enrayer la diminution de la biodiversité à l'horizon 2010 et au-delà: préserver les services écosystémiques pour le bien-être humain » (EUROPE n°9197), le Parlement a repris à son compte, à une large majorité, l'avertissement lancé par Adamos Adamou (GUE/NGL, Chypriote), auteur d'un rapport d'initiative sur le sujet.
Aujourd'hui en Europe, 52% des espèces de poissons de rivière, 45% des reptiles et des papillons, 42% des mammifères indigènes, 30% des amphibiens, 800 espèces végétales sont menacés d'extinction. En haute mer, les stocks de cabillaud, d'églefin et de flétan se tarissent, souligne le rapport. « Si nous ne passons pas à une utilisation durable, il ne restera plus de poissons pour nos petits-enfants. Il y a trop peu de moyens financiers et trop peu de volonté politique parmi les Etats membres », estime M. Adamou.
Suivant leur rapporteur, les eurodéputés saluent le plan d'action pour la biodiversité présenté par la Commission en mai 2006 mais jugent qu'il « ne suffira pas à conserver la biodiversité et à maintenir les services écosystémiques à plus long terme », c'est-à-dire les services offerts par la nature, à la base du développement durable et de bon nombre d'activités économiques (la production de nourriture, de carburant, de fibres, de médicaments, la régulation du cycle de l'eau et de la composition de l'air, la régulation du climat, le maintien de la fertilité des sols et le cycle des éléments nutritifs).
Le Parlement exprime sa vive inquiétude à l'égard des restrictions financières dont ont fait l'objet le programme Natura 2000 et d'autres mesures du plan d'action dans les perspectives financières 2007-2013, et demande le renforcement de ce réseau paneuropéen d'habitats naturels protégés dont le rôle et l'importance sont réaffirmés, non seulement pour protéger les espèces, mais aussi pour les rétablir.
Les eurodéputés soulignent combien il importe de préserver et de restaurer la biodiversité dans les zones rurales au sens large, et dans le milieu marin. Ils demandant donc que le souci de biodiversité soit davantage intégré dans les politique agricole et de la pêche, ainsi que dans l'aménagement spatial aux niveaux local, régional et national, afin de renforcer la résistance des écosystèmes au changement climatique, élément crucial pour l'adaptation au réchauffement planétaire. Le Parlement préconise notamment l'adoption de mesures pour réglementer le chalutage de fond en haute mer et pour faire respecter les avis scientifiques dans la fixation des quotas de capture, la réduction des importations de bois tropicaux dans l'UE, l'accroissement des efforts de recherche dans le domaine de la biodiversité, et réclame une réponse communautaire à la menace que représente l'introduction - volontaire ou accidentelle - d'espèces allogènes dans les écosystèmes européens. L'immunocontraception contre ces espèces pourrait jouer un rôle décisif, estiment les eurodéputés qui demandent par ailleurs à la Commission d'interdire l'introduction des espèces allogènes et d'évaluer les risques que font peser les organismes génétiquement modifiés sur la biodiversité. En outre, le Parlement invite instamment l'UE à conserver un rôle de chef de file pour l'application effective de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique
Stavros Dimas, Commissaire européen à l'environnement, a immédiatement salué le vote du Parlement et appelé à la mise en œuvre immédiate et effective, dans l'UE et dans les Etats membres, du plan d'action pour l'horizon 2010 et au-delà. Dans un communiqué, la Commission dit partager les préoccupations des eurodéputés concernant les restrictions financières, et en appelle à la responsabilité des Etats membres pour que soient alloués des fonds adéquats à la préservation de la biodiversité. (an)