Bruxelles, 22/05/2007 (Agence Europe) - Réunis les 18 et 19 mai à Potsdam, en Allemagne, les ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) plus la Russie ont affirmé la nécessité de surveiller davantage l'activité des fonds spéculatifs (« hedge funds »). Mais ils sont en désaccord sur les instruments à employer. L'Allemagne, qui préside à la fois le G8 et l'Union européenne, a continué à militer en faveur d'un code de conduite volontaire au niveau international à mettre en place fin 2007 ou début 2008 (voir EUROPE n°9422). Ce code de conduite, dont l'idée n'est pas reprise dans le communiqué adopté par les ministres des Finances du G8, viendrait compléter l'actuelle approche réglementaire indirecte qui demande aux régulateurs nationaux de s'assurer que les établissements financiers traitant avec les hedge funds ne sont pas trop exposés aux risques que ceux-ci comportent. Le Royaume-Uni et les États-Unis, où les fonds spéculatifs prospèrent, ont de leur côté réaffirmé leur attachement à l'autodiscipline.
Le G8-Finances apprécie la contribution significative de l'industrie des fonds spéculatifs en matière d'efficacité des marchés financiers, tout en soulignant la complexité croissante à évaluer les risques systémiques et opérationnels potentiels inhérents à cette activité. Il estime que cette industrie « devrait revoir et améliorer les pratiques prudentielles d'évaluation des gérants de hedge funds », en particulier dans les domaines de la gestion des risques et de la publication d'information financière aux investisseurs. Selon les ministres, « les contreparties et les investisseurs devraient agir pour renforcer l'efficacité de la discipline de marché », en obtenant à temps des évaluations de portefeuille et de l'information sur les risques qu'ils prennent. Les superviseurs devraient quant à eux « agir de façon à ce que les intermédiaires principaux continuent de renforcer les pratiques de gestion des risques de contreparties ». La position du G8-Finances sur les fonds spéculatifs s'appuie sur le rapport actualisé qu'a rendu public à cette occasion le Forum pour la stabilité financière (FSF), organisation qui regroupe les autorités monétaires et financières des principales puissances économiques occidentales. Celui-ci fera de nouveau rapport en octobre sur les progrès réalisés et les actions entreprises sur la base de ses recommandations.
Parmi les autres dossiers que les ministres des Finances du G8 ont abordés figurent: - un plan d'action pour la bonne gouvernance financière en Afrique ; - un plan d'action pour le développement de marchés obligataires locaux dans les pays émergents et en voie de développement ; - les négociations commerciales internationales dans le cadre du cycle de Doha ; - l'efficacité des dépenses publiques ; - l'efficacité énergétique et le changement climatique ; - la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Le Sommet des chefs d'État du G8 aura lieu début juin à Heligendamm (Allemagne). (mb)