Bruxelles, 21/05/2007 (Agence Europe) - Jean-Michel Lemetayer, le président du Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE (COPA), a appelé les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à redéfinir les objectifs et les missions de la PAC avant d'en décider le financement après 2013. Lors d'une conférence de presse, mercredi 16 mai à Bruxelles, sur les priorités 2007-2009 de la nouvelle présidence de cette organisation professionnelle, M. Lemetayer a estimé aussi que la Commission européenne est déjà allée trop loin dans les concessions que l'UE serait prête à faire pour faciliter un accord à l'OMC sur la libéralisation des échanges.
Objectifs et missions de la PAC: selon le nouveau président du COPA, il convient de « remettre les choses dans l'ordre. Nous appelons nos chefs d'Etat et de gouvernement à un vrai débat de fond sur les objectifs et les missions qu'ils souhaitent assigner à notre agriculture européenne ». Selon lui, ce n'est qu'après ce travail que l'UE sera en mesure de fixer les politiques et le budget qui en découleront. M. Lemetayer redoute en effet des économies budgétaires opérées par les Etats membres à partir desquelles les politiques agricoles seraient décidées. Il est nécessaire de redéfinir « les missions de cette grande zone d'activité économique et sociale avec ce formidable marché que représente des centaines de millions de consommateurs européens », a conclu le président du COPA.
Bilan de santé et budget de la PAC: le COPA estime que le bilan de santé de la PAC, en 2008, doit apporter « tout au plus des ajustements » aux politiques et pas de « remise en cause fondamentale ». M. Lemetayer s'est élevé contre les velléités (de certains pays) sur le plan budgétaire, sachant que le Conseil européen (octobre 2002) a « acté les moyens de cette politique jusqu'en 2013 ». Le président du COPA doit rencontrer le 30 mai prochain le Commissaire à l'agriculture, Mariann Fischer Boel, pour évoquer en particulier les préparatifs de ce bilan de santé. La Commission devrait présenter, en septembre ou en octobre, un premier document sur cet exercice.
Cycle de Doha: « Il est temps de dire stop », a lancé le président du COPA. Il juge que l'UE et Peter Mandelson (Commissaire au commerce) risquent de commettre une erreur de stratégie de négociation, « à force de tout mettre sur la table et de laisser penser à nos partenaires à l'OMC qu'on pourrait aller encore un peu plus loin ». En fin de compte, « l'UE aura tout donné et rien obtenu », a ajouté M. Lemetayer. Les professionnels de l'UE encouragent les négociateurs de la Commission à être désormais « intransigeants, à l'égard notamment des Etats-Etats ». Par ailleurs, celui qui est aussi président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, France) a demandé au nouveau dirigeant français, Nicolas Sarkozy, « d'afficher une position forte dans cette négociation » à l'OMC.
Par ailleurs, le COPA espère adopter prochainement avec les organisations agricoles du Japon, de Corée, de Suisse et de Norvège, une déclaration commune sur le cycle de Doha. Les professionnels de ces quatre pays « sont tout aussi remontés que nous » contre les dernières propositions de Crawford Falconer (président du comité des négociations agricoles de l'OMC). Le COPA rejette le document de M. Falconer car il demande à l'UE d'ouvrir encore davantage ses marchés, laisse encore aux Etats-Unis une grande marge de manœuvre pour conserver les subventions qui faussent les échanges et ne tient pas compte des aspects non commerciaux et de la protection des indications géographiques, des éléments essentiels pour l'UE en vue d'un accord.
Conditionnalité: « Le monde paysan se sent suffisamment responsable pour ne pas être autant mis sous tutelle administrative », a commenté M. Lemetayer, pour dénoncer les trop nombreuses contraintes qui découlent des règles de conditionnalité des aides agricoles.
Défi interne: le COPA s'est lui aussi élargi aux nouveaux Etats membres. « Le grand défi interne sera de faire en sorte que, aussi nombreux que nous soyons autour de la table, nous arrivions le plus possible à des positions communes ». L'objectif est de permettre ainsi au COPA de se faire encore mieux entendre par les décideurs politiques. Pour « affiner nos méthodes de travail », un groupe spécifique a été créé pour clarifier le rôle de la présidence (un président et 6 vice-présidents), du praesidium (un représentant par organisation membre) et des différents groupes de travail du COPA. Selon M. Lemetayer, l'efficacité des groupes de travail devrait être améliorée pour faciliter la transmission rapide au président et vice-présidents des positions du COPA sur les différents sujets agricoles. (lc)