Mayence, 21/05/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne envisage de lancer un programme de distribution de fruits et légumes dans les écoles, pour contribuer à lutter contre le problème de plus en plus inquiétant des enfants en surcharge pondérale dans les pays de l'UE, a annoncé, dimanche 20 mai à Mayence (Allemagne), la Commissaire à l'agriculture, Mariann Fischer Boel. Ce programme serait calqué sur ce qui existe déjà dans le secteur du lait et des produits laitiers.
En marge de la réunion informelle du Conseil Agriculture, qui se tient du 20 au 22 mai dans la capitale du Land allemand de Rhénanie-Palatinat, Mme Fischer Boel a dit à un groupe de journalistes que la distribution de fruits et légumes aux écoliers de 5 à 13 ans serait subventionnée par des fonds publics à concurrence d'environ 100 millions d'euros par an. 50% de ces aides seraient versées par le budget de l'UE, le reste étant à charge des Etats membres. Les bananes, qui ne font pourtant pas partie de l'organisation commune de marché (OCM) des fruits et légumes, seraient éligibles à ces actions de livraison.
Mme Fischer Boel a rappelé que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande la consommation journalière de 400 grammes de fruits et légumes. Actuellement, seules la Grèce et l'Italie atteignent cet objectif. Le programme de distribution de ces produits dans les écoles permettrait aux autres pays de rattraper leur retard. Mme Fischer Boel a précisé qu'elle recherchait un moyen de trouver ces fonds en dehors de l'OCM des fruits et légumes en passe d'être réformée.
Découplage partiel des aides aux produits transformés
La Commission européenne et la Présidence allemande du Conseil des ministres de l'UE espèrent amener les Etats membres à un accord, le 11 juin à Luxembourg, sur la réforme de l'OCM des fruits et légumes frais et transformés. Mme Fischer Boel a confirmé qu'elle serait prête à envisager, pour faciliter un compromis en juin, un découplage partiel des aides pour certains produits transformés, mais pendant une période transitoire « très courte » au terme de laquelle le taux de découplage serait porté à 100%. « Je n'y suis pas favorable, mais je reconnais la nécessité » d'accepter cette concession du découplage partiel, à la demande d'une majorité de ministres de l'Agriculture (EUROPE n°9407). Pour rappel, le maintien pendant trois à cinq ans d'une aide liée au volume de production est préconisé pour les tomates (Espagne, Italie), les agrumes (Espagne, Chypre), les poires (Italie), les fruits rouges (Pologne, Lituanie, Lettonie), les raisins secs (Grèce) et les pruneaux (France). Mme Fischer Boel s'attend à des négociations difficiles pour déterminer la liste des fruits et légumes transformés pouvant déroger à la règle générale du découplage total et le pourcentage de l'aide restant lié aux quantités produites. (lc)