Bruxelles, 21/05/2007 (Agence Europe) - Comme prévu, les résultats du Sommet UE/Russie de la semaine dernière à Samara (EUROPE n°9428) sont plutôt maigres: accord de principe pour intensifier les consultations techniques sur le problème de l'embargo russe sur les produits agricoles polonais (la Commission a déjà envoyé lundi une lettre au ministre russe de l'Agriculture pour proposer de nouvelles réunions au niveau des experts), accord de principe pour finaliser les travaux sur un système d'alerte précoce pour prévenir des problèmes dans les fournitures d'hydrocarbures russes, accord de principe pour lancer un dialogue sur les investissements, convergence de vues sur l'importance d'une adhésion rapide de la Russie à l'OMC, engagement russe d'achever la procédure interne en vue de la signature de l'accord sur les droits de survols de la Sibérie d'ici l'automne. Aucune déclaration commune n'a été adoptée, pas même de communiqué de presse.
Aucun progrès substantiel n'a été fait sur l'ouverture des négociations sur un nouvel accord de partenariat, toujours suspendue en raison - notamment - de l'embargo sur les produits agricoles polonais. Devant la presse, Vladimir Poutine s'en est même pris à « l'égoïsme économique » de la Pologne et a accusé l'Estonie et la Lituanie de « violations contre les minorités russes inacceptables et indignes de l'Europe ». José Manuel Barroso lui a opposé la solidarité entre tous les pays membres de l'Union. « Le problème polonais (sur l'embargo) est un problème européen. Les problèmes lituanien (interruption de l'oléoduc Druzhba) et estonien (monument soviétique à Tallinn) sont aussi des problèmes européens. Il est très important de comprendre que l'UE se fonde sur le principe de la solidarité, si vous souhaitez établir une coopération étroite » avec l'Union, a rétorqué le président de la Commission. Les droits de l'Homme et les libertés fondamentales en Russie ont été évoqués par l'UE au cours de la réunion, mais aussi lors de la conférence de presse, quand la chancelière Angela Merkel s'est dite « inquiète » du fait que plusieurs dirigeants de l'opposition russe (dont notamment Garry Kasparov) ont été empêchés de quitter Moscou pour se rendre à une manifestation à Samara. « J'espère qu'ils auront la possibilité d'exprimer leur opinion », a dit Angela Merkel. M.Poutine a justifié « les mesures préventives » prises par les forces de l'ordre, une pratique répandue, selon lui, « dans tous les pays ». (hb)