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Bulletin Quotidien Europe N° 9421
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/economie

Optimiste, la Commission révise à la hausse ses prévisions de croissance pour 2007 et 2008

Bruxelles, 07/05/2007 (Agence Europe) - Deux nouvelles années fastes s'annoncent pour l'activité économique en Europe, qui devrait bénéficier de conditions favorables à l'assainissement des finances publiques et à la croissance de l'emploi, s'est félicité devant la presse Joaquín Almunia. Après une première révision à la hausse en février dernier, à l'occasion d'un exercice intermédiaire à ses prévisions saisonnières (EUROPE n° 9368), la Commission a en effet augmenté lundi ses anticipations pour la croissance en 2007 et 2008. Ces prévisions représentent une hausse d'un demi-point du PIB par rapport aux chiffres envisagés à l'automne 2006 (EUROPE n° 9300).

Cette année, le PIB devrait donc progresser de 2,6% dans la zone euro et de 2,9% dans l'UE à 27 et l'année prochaine de respectivement 2,5% et 2,7%. En 2006, année record, la croissance avait été de 2,7% dans les pays de la zone euro et de 3 % dans l'ensemble de l'UE. La stabilité des prix devrait aussi être au rendez-vous, avec un taux d'inflation de 1,9% pour les deux années à venir dans la zone euro et de 2,2% en 2007 et 2,1% en 2008 pour l'UE dans son ensemble. Un contexte favorable donc, qui aidera à créer plus de 6 millions d'emplois dans cette même zone (près de 9 millions au total) et à faire chuter le taux de chômage à 7,3% en 2007 et 6,9% en 2008 (7,2% et 6,7% dans l'UE à 27). Les déficits publics devraient eux aussi continuer à se tasser, passant de 1% du PIB dans la zone euro et de 1,2% dans l'UE à 27 en 2007 à 0,8% et 1% en 2008, contre respectivement 1,6% et 1,7% du PIB en 2006. L'Allemagne, la Grèce et Malte se rapprochent ainsi de la sortie de la procédure pour déficit excessif.

Ces prévisions bénéficient toujours d'un report des bons résultats de 2006, où la croissance fut la plus forte des six dernières années. La demande intérieure pour 2007 et 2008 augmentera sa contribution à la croissance, se fondant notamment sur des investissements en biens d'équipement solides, a commenté le Commissaire aux affaires économiques et monétaires. La consommation privée devrait elle aussi croître, parallèlement aux bons résultats du marché du travail, a-t-il ajouté, se réjouissant de la « très forte création d'emplois ». Dans le mois à venir, Eurostat publiera de nouveaux chiffres pour le chômage en Allemagne, montrant une augmentation du taux de chômage qui affectera le chiffre global mais pas outre mesure, a néanmoins précisé M. Almunia. L'amélioration des conditions du marché poussera les salaires vers le haut, entraînant une augmentation du coût salarial unitaire, mais la productivité continuera d'afficher une croissance supérieure à 1% au cours des deux prochaines années, a aussi expliqué le Commissaire. Dans ces conditions, la Commission n'anticipe pas d'effet de second tour sur les prix, même si elle observe une légère augmentation de l'inflation structurelle, sous l'effet de la hausse de la TVA en Allemagne.

Pour les finances publiques, les effets d'aubaine ont été plus importants que prévu et laissent entrevoir une réduction générale d'ici 2008 (voir plus haut). De respectivement 69% et 61,7% du PIB en 2006, la dette devrait être ramenée à 66,9% dans la zone euro et 59,9% dans l'UE en 2007, avant d'atteindre 65% et 58,3% en 2008. Mais, malgré cette réduction et la période actuelle de faibles taux d'intérêt, l'impact du service de la dette sur les finances publiques reste « trop élevé », a prévenu le Commissaire. Et d'indiquer que la Grèce et l'Italie, où la dette représente plus de 100% du PIB, paient chaque année un montant équivalent à 4,4% et 4,7% du PIB pour son financement.

L'Allemagne, la Grèce et Malte se rapprochent de la sortie de la procédure pour déficit excessif.

La semaine prochaine, le 16 mai, le Collège des Commissaires se penchera sur les propositions visant à abroger des procédures pour déficits excessifs contre l'Allemagne, la Grèce et Malte. Berlin devrait enregistrer un déficit de 0,6% du PIB en 2007 (après 1,7% en 2006), Athènes ramener le sien à 2,4% (contre 2,6% l'année dernière) et La Valette à 2,1% (contre 2,6%). L'Italie devrait pour sa part revenir cette année sous le seuil du PSC, mais sa sortie de la procédure n'est pas prévue avant les prochaines prévisions économiques de printemps de mai 2008, lorsque la Commission sera en possession des chiffres définitifs pour 2007 et en mesure de constater une correction durable. En 2007, le Portugal sera donc le seul Etat membre de la zone euro à afficher un déficit supérieur à la valeur de référence du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), avec 3,5% (3,9% du PIB en 2006). Surtout, Lisbonne risque toujours de se trouver à -3,2% en 2008, année pour laquelle le Conseil a préconisé un retour sous les 3%, a prévenu M. Almunia, qui attend de connaître les ajustements envisagés par les autorités portugaises dans le cadre du budget 2008.

Outre Malte, les autres Etats membres n'appartenant pas à la zone euro disposent désormais également d'un calendrier plus précis pour la suite de la procédure dans laquelle ils se trouvent. La République tchèque, qui était passée sous les 3% l'année dernière, devrait à nouveau enregistrer un déficit excessif cette année (3,9% du PIB) et l'année prochaine (3,6%), a estimé M. Almunia. Le cas de Prague sera examiné à la fin du mois de mai, avant que ceux de la Roumanie (-3,2% pour les deux ans à venir, contre 1,9% en 2006) et de la Hongrie le soient en juin. Budapest, qui partait de 9,2% en 2006, devrait ramener son déficit à 6,8% en 2007 et 4,9% en 2008. Mi-juin, la Commission analysera les mesures prises pour revenir sous les 3% d'ici la fin 2009 au plus tard (EUROPE n° 9283). La Pologne ne corrigera en revanche pas son déficit excessif en 2007 (toujours 3,4% et 3,3% en 2008), comme le lui a pourtant préconisé le Conseil (EUROPE n° 9375), a ensuite souligné le Commissaire. Si un déficit supérieur à 3% est néanmoins proche de la valeur de référence et si une tendance à la baisse se dégage aussi pour l'avenir, alors le PSC prévoit de prendre en compte l'impact des retraites sur le déficit pour éventuellement sortir de la procédure, a rappelé M. Almunia, qui envisage d'analyser en septembre les mesures mises en œuvre par Varsovie. Après l'été également, la Commission se prononcera sur le cas du Royaume-Uni, qui avec un déficit de 2,8% en 2006 et 2,6% en 2007 devrait, selon toute vraisemblance, quitter une procédure dans le cadre de laquelle il a pris les mesures qu'on attendait de lui (EUROPE n° 9283). (ab)

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