Bruxelles, 07/05/2007 (Agence Europe) - Face à l'impossibilité de trouver un consensus sur la mise en place du consortium privé chargé du développement et du cofinancement de la construction de Galileo (le système européen de navigation par satellite), et alors que l'ultimatum donné par la Commission et par la présidence à l'industrie expire le 10 mai, la Présidence allemande et la Commission envisagent d'accroître la part du financement public dans la phase de construction du système en réduisant la part du secteur privé au financement de la phase opérationnelle, a annoncé, lundi, le ministre fédéral allemand des Transports Wolfgang Tiefensee lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Le schéma alternatif du financement ainsi que le partage des risques entre les compagnies privées et le secteur public sera présenté par la Commission au Conseil Transport qui aura lieu du 6 au 8 juin 2007.
Conformément au mandat accordé par le Conseil le 23 mars dernier (voir EUROPE n° 9392), la Commission était chargée d'examiner les scénarios possibles en cas d'absence d'accord au sein du consortium formé par les huit entreprises (Thales, Finmeccanica, EADS, Alcatel-Lucent, Immarsat, Hispasat, Aena et Teleop) avant le 10 mai. Parlant au nom de la Présidence, M. Tiefensee a déclaré, que conjointement avec la Commission, « nous préparons » un projet « dans le cadre du partenariat public privé » mais « où la participation publique sera concentrée sur la phase de la construction » tandis que «la participation du secteur privée sera focalisée sur la phase opérationnelle ». Selon le scénario actuel, un tiers du financement de la deuxième phase devait être assuré par la Commission, les deux tiers restants par le consortium privé, qui obtenait également le contrat d'exploitation pendant 20 ans, à partir de 2010, de cet équivalent européen du GPS. M. Tiefensee a refusé de se prononcer sur les chiffres en expliquant « que la présidence du Conseil et la Commission doivent encore « trouver des solutions économiquement avantageuses » tout en « diminuant les charges pour les contribuables ». La Commission envisageait de réattribuer le contrat aux Etats membres et de couvrir l'ensemble du budget nécessaire au déploiement du système, soit 3,4 milliards d'euros. Un nouvel appel d'offres serait lancé auprès des entreprises candidates après que tous les 30 satellites du système auront été placés en orbite. La supervision du projet serait dès lors confiée à l'Agence spatiale européenne. Interrogé par les journalistes quant à la possible dissolution du consortium actuel, le ministre a répondu que l'UE ne peut pas se permettre un nouveau retard et il a rappelé que l'objectif principal est toujours de « terminer les négociations avant la fin 2007 ». (aby)