Bruxelles, 07/05/2007 (Agence Europe) - Comme nous l'avions annoncé (EUROPE n° 9418), le commissaire au Commerce Peter Mandelson et le ministre sud-coréen Kim Hyun-Chong ont officiellement ouvert, dimanche à Séoul, les pourparlers en vue d'un accord de libre-échange (ALE) de « nouvelle génération » entre l'Union et la Corée du Sud. Les discussions couvriront aussi bien les aspects tarifaires que non tarifaires et réglementaires du commerce bilatéral, dans les domaines de l'agriculture, des produits manufacturés et des services ainsi que des droits de la propriété intellectuelle, des marchés publics et de la concurrence. Alors que l'Union est le deuxième partenaire commercial de Séoul après la Chine, la Corée du Sud est le quatrième partenaire non européen des Vingt-sept. Selon plusieurs études, un accord de libre- échange entre l'Union et la Corée du Sud permettrait de stimuler à hauteur de 25% le commerce bilatéral qui s'est élevé à près de 80 milliards de dollars (58,4 milliards d'euros) l'an dernier.
Par cet ALE, l'Union souhaite en particulier obtenir un accès privilégié aux marchés automobile et pharmaceutique sud-coréen. Un souhait confirmé par M. Mandelson qui, devant la presse sud-coréenne, a indiqué que les Européens seraient « particulièrement attentifs au secteur automobile ». « Je suis fier de chacune des voitures européennes que je vois dans les rues de Séoul, mais j'aimerais en voir encore davantage », a-t-il ajouté. D'importants gains sont également attendus, côté européen, dans le secteur des services, et des gains non négligeables sont espérés dans le domaine agricole où l'Union souhaite améliorer ses exportations de porc et de bœuf vers le marché sud-coréen. Séoul fera pour sa part pression, outre pour une baisse tarifaire dans le domaine de l'automobile, pour un démantèlement des droits de douane dans l'électronique et l'audiovisuel ainsi que les textiles. « Ouvrir notre marché n'est pas une question de choix, mais de survie », a souligné M. Kim, dont le pays voit son économie dépendre à 70% du commerce extérieur.
« Un tel accord va accroître les opportunités des deux parties tout en donnant un élan précieux à la libéralisation du commerce mondial », se sont, de manière plus générale, félicité MM. Mandelson et Kim, en rappelant par ailleurs que leurs pourparlers bilatéraux n'éclipsaient pas le besoin d'achever les pourparlers multilatéraux à l'OMC dans le cadre des négociations de Doha. « Je vois tout accord bilatéral entre nous comme un complément au round de Doha, dont l'achèvement est notre but ultime, pas comme une alternative », a insisté le commissaire européen au Commerce, rappelant que l'inclusion dans les pourparlers bilatéraux des sujets de Singapour (investissement, marchés publics et concurrence/règles en matière d'aides d'Etat) permettraient de faire progresser au niveau multilatéral ces questions exclues de l'agenda de Doha.
Prévu jusqu'au 11 mai prochain, le premier tour de table des négociations est consacré cette semaine aux produits manufacturés et aux services. Les prochains tours de table devraient avoir lieu en juillet puis septembre. Un quatrième tour de table est également prévu cette année. (eh)