Bruxelles, 27/04/2007 (Agence Europe) - A la suite des ruptures d'approvisionnement en pétrole russe - via le pipeline Druzhba - sur le marché communautaire au début du mois de janvier dernier, Moscou a proposé de mettre en place, en coopération avec l'Union, un mécanisme de détection précoce pour prévenir de possibles ruptures d'approvisionnement en hydrocarbures russes. L'idée avait été officiellement communiquée par les Russes à l'occasion d'une réunion du Groupe d'approvisionnement pétrolier le 11 janvier dernier puis discutée le 22 lors d'une entrevue Merkel/Poutine à Sotchi. Depuis, les travaux ont progressé, et ce mécanisme a fait l'objet d'un premier échange de vues entre le Commissaire à l'Energie Andris Piebalgs et le ministre russe de l'Energie Viktor Khristenko à l'occasion d'une réunion bilatérale le 26 avril à Genève dans le cadre du dialogue énergétique UE/Russie (EUROPE n° 9416). Sur la base d'une note interne des services de la Commission et antérieure à la réunion Piebalgs/Khristenko, EUROPE en présente les premiers éléments.
Selon ce document, qui se veut une ébauche des termes de références sur lesquels Européens et Russes se seraient accordés à ce stade, l'objectif du mécanisme de détection précoce est triple: il doit à la fois permettre aux parties d'identifier à l'avance des problèmes potentiels dans l'approvisionnement de pétrole et de gaz russe à l'Union, d'encourager la prise de mesures pouvant empêcher des ruptures d'approvisionnement et d'être prêtes, si nécessaire, à mettre en œuvre des plans d'urgence appropriés pour réduire au minimum l'impact de ces ruptures. Dans un paragraphe relatif à la portée et au contenu du mécanisme, le document précise que, s'il s'intéresse à l'approvisionnement en pétrole et gaz de la Russie vers les Etats membres de l'Union, y compris celui qui transite par les pays tiers, il couvrira également des approvisionnements en gaz et en pétrole (non russe, NDLR) qui transite par le territoire russe. Bien entendu, le mécanisme ne pourra fonctionner efficacement que par la diffusion dans des délais appropriés et de manière régulière d'information détaillée.
En termes de structure, le mécanisme de détection précoce prévoit la mise en place de nouveaux canaux de communication et de domaines de coopération sur la base d'éléments existants du dialogue énergétique UE/Russie. La direction générale du mécanisme serait assurée par le Commissaire à l'Energie et le ministre russe de l'Energie qui pourraient se joindre à tout moment par l'intermédiaire d'un « téléphone rouge ». Les premiers éléments du mécanisme prévoient également la nomination, par la partie russe, d'un « messager de l'énergie », un fonctionnaire russe équivalent d'un « correspondant européen pour la sécurité énergétique », connecté par interface au réseau des « correspondants européens » et qui assurera la coordination entre les parties prenantes russes impliquées dans le mécanisme. La partie russe devra, en outre, s'assurer que le « messager » a un accès direct et complet à toutes les parties prenantes en Russie, aussi bien les ministères que les compagnies énergétiques Gazprom et Transneft. Par ailleurs, composé de représentants de l'Union (Commission, Présidence du Conseil et Etats membres) et de la Russie (ministères de l'Industrie et de l'Energie, du Développement économique et du Commerce et des Affaires étrangères) ainsi que d'experts industriels russes et européens, le nouveau groupe thématique « stratégies, prévisions et scénarios » du dialogue énergétique UE/Russie se réunira, dans le cadre de ce mécanisme, tous les six mois pour examiner les développements de l'offre et de la demande en énergie, ce qui inclut l'identification et le signalement des problèmes possibles à long terme.
Enfin, mettant l'accent sur le rôle, selon les circonstances, des pays de transit dans ce mécanisme, le document précise que l'Union entend mettre sur pied des mécanismes semblables avec ces pays. (eh)