Bruxelles, 30/04/2007 (Agence Europe) - Après avoir promis la semaine dernière de « provoquer » les pays membres de l'OMC par des propositions chiffrées douloureuses de baisse des subventions et de droits de douane dans l'espoir de susciter un compromis sur les modalités de libéralisation des échanges en agriculture, Crawford Falconer a joint le geste à la parole. Dans un document rendu public lundi et dans lequel il expose un premier ensemble d'idées sur des convergences possibles entre les positions des membres, le président néo-zélandais du Comité de négociations agricoles de l'OMC estime que les Etats-Unis doivent impérativement réduire leurs soutiens internes à l'agriculture en dessous d'un plafond de dépenses de 19 milliards de dollars par an. « Il est franchement inconcevable que les Etats-Unis sortent de cette négociation en ayant le droit de dépenser plus en matière de soutiens qui engendrent des distorsions des échanges qu'ils ne le faisaient avant la négociation », déclare-t-il sans ménagement à l'encontre de Washington. Alors que la proposition américaine actuelle permettrait à Washington de verser des soutiens internes à hauteur de 22 milliards de dollars par an, M. Falconer estime au contraire que « le centre de gravité se situe certainement en dessous de 19 milliards de dollars par an et quelque part entre les 'very low teens' (entre 13 et 15 milliards de dollars par an, NDLR) ». L'Europe n'est pas épargnée non plus: M. Falconer considère en effet que l'Union devrait, pour sa part, réduire de 75 à 80% ses soutiens internes qui engendrent des distorsions contre les 70% qu'elle propose actuellement. Une réduction de 75% avoisinerait les 27,5 milliards d'euros, rappelle-t-il. « Il est maintenant temps de faire des propositions honnêtes », insiste M. Falconer en conclusion d'un document par lequel il entend provoquer des commentaires des membres sur les points pouvant faire l'objet d'un consensus pour aboutir à une révision ou une série de révisions du projet de modalités de 2006. Et de répéter que, « si nous n'obtenons pas un élan sérieux au cours des semaines à venir... soit nous échouerons, soit nous mettrons cet exercice entier dans le congélateur pour un bon moment jusqu'à ce qu'une meilleure génération que la nôtre puisse le dégeler ». (eh)