login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9417
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/droits de l'homme

L'abolition de la peine de mort au centre du débat sur les droits de l'homme en 2006

Bruxelles, 30/04/2007 (Agence Europe) - La semaine dernière, lors de la session plénière, le PE s'est une nouvelle fois prononcé sur la situation des droits de l'Homme dans le monde et la politique de l'UE dans ce domaine, sur la base du rapport annuel confié pour l'année 2006 à l'irlandais Simon Coveney (PPE/DE). Le jugement du rapporteur sur le travail du Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies est sévère: incapacité d'aboutir à des compromis raisonnables sur des questions clé, faiblesse de la résolution sur le Darfour. Quant aux lignes directrices de l'Union européenne sur le respect des droits de l'homme, il est préoccupant de constater que certaines délégations extérieures de l'UE connaissent mal ou ignorent ces lignes directrices, déplore M.Coveney. Parmi les autres grands problèmes, M.Coveney a cité le « style » particulier de la Chine en ce qui concerne les droits de l' homme (même si un minuscule pas dans la bonne direction a été fait avec la proposition de faire examiner la question de la peine de mort par la Cour suprême), le camp de Guantanamo, le commerce d'armements, notamment les petites armes qui devraient faire l'objet d'un accord international.

Le renforcement de la coopération interinstitutionnelle dans le domaine de la défense des droits de l'Homme, que réclame le Parlement européen, est déjà en cours, a affirmé le représentant de la Présidence allemande du Conseil, Günter Gloser (secrétaire d'Etat aux affaires européennes). Le groupe du travail du Conseil sur les droits de l'Homme examinera le rapport Coveney: M.Gloser suggère, ensuite, une rencontre avec la sous-commission droits de l homme du PE pour en reparler.

Les lignes directrices de l'UE sur les droits de l'homme se concentrent sur la condamnation de la torture et de l'utilisation des enfants dans les conflits armés et, surtout, sur la suppression de la peine de mort, qui est prioritaire pour le Conseil. Un programme d'action a été lancé et est mis en œuvre en ce moment. Cette campagne a déjà eu certains résultats, notamment la décision de faire de la suppression de la peine de mort un des premiers points de la session des Nations Unies sur les droits de l'Homme à Genève. L'intense activité de lobbying qui a été lancée sera évaluée en mai, le but étant d'aboutir à une résolution des Nations Unies, si les chances de réussite (deux tiers des voix sont nécessaires, a rappelé M.Gloser ) sont suffisantes. A la fin du débat, tout en reconnaissant que tout n'est pas parfait, le Président du Conseil a récusé les arguments de ceux qui affirment que, dans certains cas d'abus des droits de l'homme, l'« Europe détourne son regard ».

Parlant au nom de la Commission européenne, le Commissaire Joe Borg a, sur le même thème, estimé que, malgré certaines critiques vis-à-vis des Nations Unies, « il serait faux de renoncer à ce qui reste le plus important forum mondial sur les droits de l'homme ». Mais, insiste-t-il, il faut « briser le cycle de la politisation » de la discussion sur ce thème en essayant de toucher le plus grand nombre possible de pays. La Commission est d'accord sur la nécessité d'une plus grande synergie entre les institutions, et elle est prête à faire des suggestions pratiques, s il le faut. M.Borg a également dénoncé l'existence de Guantanamo, les abus en Belarus, la présence de camps de travaux forcés dans certains pays.

Comme toujours lorsque ce thème est évoqué, il y a eu peu de dissonances parmi les parlementaires, avec quelques différences d'accent sur la liste des pays qui ne satisfont pas les standards des Européens: Chine, Russie, Biélorussie, Libye pour la condamnation à mort des infirmières bulgares, mais aussi Pakistan et Turquie pour la persécution des chrétiens. Et, en même temps, le rappel que l'Union elle-même doit veiller à donner le bon exemple, par exemple en ce qui concerne le traitement de minorités que l'on retrouve (géographie et histoire obligent) dans bon nombre des nouveaux pays membres d'Europe de l'est et du centre.

Le socialiste espagnol Raimon Obiols exige une position univoque vis-à-vis de « tous » les pays, sans distinction dictée par l'intérêt, et l'italien Marco Pannella (ALDE) condamne, en parlant de la peine de mort, les « fondamentalistes abolitionnistes » qui, depuis l4 ans, annulent tous les efforts plus réalistes d'obtenir un moratoire. En l988 la peine de mort était appliquée dans 97 pays, en 2007 ils sont 51: ça ne suffit pas, mais c'est un progrès évident, s'est exclamé M.Pannella. Le vice-président de la sous-commission droits de l'Homme, le français Patrick Gaubert, s'est félicité quant à lui sur la rapide adoption de l' instrument financier pour les droits de l' homme. (lg)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE