login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9417
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/turquie

L'UE s'inquiète de l'intervention de l'armée dans les élections présidentielles

Bruxelles, 30/04/2007 (Agence Europe) - L'Union européenne s'inquiète de la situation en Turquie après le premier tour, samedi, des élections présidentielles au cours desquelles l'unique candidat, l'actuel ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül, n'a pas réussi à se faire élire, tandis que l'opposition a saisi la Cour constitutionnelle pour invalider le premier tour, affirmant que le nécessaire quorum des deux tiers n'a pas été atteint. La Cour constitutionnelle doit rendre son verdict ce mardi ou mercredi. La crise est aussi considérée par Bruxelles comme un « test » pour voir si les forces armées turques respectent la laïcité démocratique et l'organisation démocratique des relations entre les pouvoirs civil et militaire, a indiqué le Commissaire à l'élargissement, Olli Rehn. Samedi, le Commissaire s'est dit « étonné » de l'avertissement lancé la nuit précédente par l'état-major turc contre toute remise en cause du principe de laïcité en vigueur dans le pays. L'intervention du chef de l'armée a été interprétée comme un avertissement au gouvernement de retirer la candidature de M.Gül, issu du parti islamo-conservateur au pouvoir. Le gouvernement a riposté fermement, affirmant qu' « il est inconcevable que dans un Etat démocratique de droit, l'Etat-major, une institution qui demeure sous les ordres du Premier ministre, tienne (de tels) propos ».

Une position entièrement partagée par le Commissaire Rehn qui a souligné qu'il est « important que l'armée laisse les prérogatives de la démocratie au gouvernement élu, et cela représente un test pour voir si les forces armées turques respectent la laïcité démocratique et l'organisation démocratique des relations entre civils et militaires ». La question des relations entre l'armée et la société civile en Turquie, un des critères clés dans les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE commencées en 2005, est en effet un des problèmes récurrents pointés du doigt par la Commission. Dans son dernier rapport de suivi en novembre 2006, la Commission avait déjà regretté le manque de progrès accomplis dans l'alignement des relations entre la société civile et l'armée sur les pratiques en vigueur dans l'UE. Elle avait également réclamé des efforts supplémentaires pour imposer l'autorité du pouvoir civil sur l'armée.

Dans une déclaration publiée le 29 avril au nom de l'UE, la Présidence allemande souligne elle aussi que l'UE suit « très attentivement » les événements et qu'elle « attend que tous les responsables politiques contribuent à ce que l'élection présidentielle se déroule conformément aux règles démocratiques et de l'État de droit fixées par la constitution ». « L'Union attend en particulier que l'élection et la Cour constitutionnelle ne soient pas influencées par des pressions extérieures », lit-on dans la déclaration. (hb)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE