Strasbourg, 25/04/2007 (Agence Europe) - En adoptant, mardi 24 avril à Strasbourg, le rapport du libéral letton Georgs Andrejevs, le Parlement européen appuie les différentes actions envisagées par la Commission européenne dans sa communication sur la lutte contre le Sida dans l'UE et les pays voisins. Le Parlement insiste sur la relance des campagnes d'information, de la prévention et notamment de la promotion des préservatifs féminins, et sur une diminution des coûts des traitements.
Le Parlement européen a suivi le rapporteur et demande aux Etats membres de donner un mandat à la Commission européenne "pour négocier un accord avec l'industrie pharmaceutique visant à abaisser le prix des médicaments anti-rétrovirus dans l'UE". Pour le PE, les modifications limitées d'un produit ne devraient se traduire que par une prolongation proportionnelle des licences. La prévention et l'information restent donc les priorités de toute campagne, selon le Parlement, qui préconise des campagnes ciblées vers les groupes à risques: populations migrantes et immigrées, travailleurs du sexe et leurs clients. Le Parlement plaide pour la promotion des préservatifs, y compris les préservatifs féminins, comme le proposait la sociale-démocrate néerlandaise Dorette Corbey.
Le plan d'action de la Commission inclut des aides aux pays limitrophes dans le cadre de la politique de voisinage. Les députés encouragent cette approche et souhaitent que l'on utilise tous les instruments politiques et financiers disponibles dans le cadre de la politique de voisinage, de la dimension nordique et du programme TACIS (aide aux Etats de l'ex-URSS, avec une attention particulière pour la région de Kaliningrad), ainsi que la création de partenariats public-privé. Pour les députés, les aides de la Commission devraient aussi inclure la mise sur pied d'infrastructures de conseils et de tests VIH et de distribution et de suivi des traitements.
Lors du débat, plusieurs députés se sont réjouis de l'engagement de la Présidence allemande. Celle-ci, représentée par la ministre Ulla Schmidt, a mentionné, parmi les objectifs prioritaires, l'accès au diagnostic et au traitement. Ulla Schmidt a indiqué que l'industrie pharmaceutique était prête à discuter avec la Commission et le Parlement et que cela représente un progrès appréciable. Ulla Schmidt a aussi indiqué que la lutte contre le HIV/Sida serait à l'ordre du jour du prochain Conseil européen, en juin.
Selon le Commissaire Markos Kyprianou, qui s'exprimait dans le débat, "la nouvelle génération de jeunes qui sont devenus sexuellement actifs ces dernières années, n'a pas été conscientisée". "Vingt-cinq ans après l'apparition de l'épidémie, nous en revenons aux mesures de base. Nous payons notre attitude complaisante", a dit le Commissaire pour qui "les vingt dernières années furent un échec".
A noter que le Conseil des ministres a lui aussi adopté, lundi 23 avril à Luxembourg, des conclusions sur les questions apparues récemment concernant le VIH/sida. Le Conseil demande à la Commission et aux Etats membres de favoriser l'adoption et le renforcement, au niveau des pays, de mesures législatives, politiques et administratives visant à promouvoir et à protéger pleinement les droits des femmes et des fillettes et à les rendre moins vulnérables au VIH/sida, en supprimant toutes les formes de violence, de stigmatisation et de discrimination ainsi que toute forme d'exploitation sexuelle des femmes, des fillettes et des jeunes garçons. Le Conseil encourage la Commission et les Etats membres à assurer la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du programme d'action européen pour lutter contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose et leur demande de faire rapport sur les progrès enregistrés à cet égard, notamment sur les questions qui se posent à propos du VIH/sida, dans le contexte de la mise en commun des activités de suivi et d'établissement de rapports concernant le programme d'action européen, en 2008 et en 2010. (oj)