Bruxelles, 24/04/2007 (Agence Europe) - Le Centre européen pour les politiques migratoires a été lancé à l'occasion d'une table ronde sur les flux migratoires de main-d'œuvre hautement qualifiée, qui s'est tenue le 18 avril à Bruxelles à l'invitation du député européen Vittorio Prodi (ALDE, Italie) (EUROPE n°9403). Les quelque 200 participants ont notamment discuté du droit (ou non) des immigrants hautement qualifiés d'amener dans l'UE leur famille, des conséquences du fait que les pays pauvres voient partir leurs élites intellectuelles et professionnelles ainsi que du champ d'application de la proposition de directive sur les conditions d'entrée de main-d'œuvre hautement qualifiée que la Commission présentera en septembre 2007, comme l'a aussi confirmé la représentante de la DG JAI de la Commission européenne, Stefania Pasquetti.
Mme Pasquetti a rappelé qu'en 2003, la Commission européenne disait, dans toutes ses communications, que l'Europe avait besoin d'immigration. Au 1er janvier 2005, l'UE comptait 460 millions de citoyens, dont 29 millions résidaient dans un pays membre qui n'était pas celui de leur origine, et 19 millions venaient de pays tiers. « La Commission est consciente que nous avons besoin de ces migrants à l'avenir », a affirmé Stefania Pasquetti en se référant aux calculs d'Eurostat, qui prédisent que dans l'Europe des 25 (sans compter la Bulgarie et la Roumanie), il y aura 52 millions de travailleurs en moins en 2050 ! Il faudra donc avoir recours à 52 millions de travailleurs migrants, a-t-elle commenté. Que fait la Commission face à ce constat? Elle se penche notamment sur les conséquences du vieillissement de la population. « La solution sera de mieux gérer les flux migratoires en tenant compte de nos besoins, en partenariat avec les pays d'origine », a-t-elle estimé. Mme Pasquetti a aussi noté que l'UE n'est pas « intéressante » pour des personnes très qualifiées, ce qui explique pourquoi « les universitaires ne viennent pas en Europe, ils vont au Canada, aux Etats-Unis, en Australie ! ». Seulement dix Etats membres sur 27 ont des plans pour attirer les travailleurs qualifiés, a-t-elle poursuivi. A moyen terme, cela signifie qu'il y aura des problèmes dans l'UE à cause du manque de personnel qualifié. « L'Union n'est pas compétitive au plan international », a martelé
Mme Pasquetti qui a annoncé que la Commission envisage de présenter une étude sur cette problématique en juillet 2007, suivie de la proposition de directive en septembre 2007. Il faut une procédure administrative plus rapide qui accorde des avantages aux citoyens des pays tiers qui résident légalement dans l'UE, une sorte de « carte bleue » permettant aux travailleurs très qualifiés de passer d'un Etat membre à l'autre. « L'urgence d'un système fast track s'impose », conclut Stefania Pasquetti. A noter que la délivrance de ces cartes restera de la compétence exclusive des Etats membres (pour plus d'informations, voir EUROPE n° 9343). (gb)