Bruxelles, 24/04/2007 (Agence Europe) - A moins d'une semaine du sommet UE/Etats-Unis le 30 avril prochain à Washington, le président de la confédération des entreprises européennes Ernest-Antoine Seillière a présenté à la presse, lundi à Bruxelles, la position de Business Europe sur les questions commerciales d'actualité: il a ainsi rappelé l'attachement du patronat européen à une conclusion réussie du round de Doha et réclamé de réelles avancées dans la libéralisation du commerce transatlantique.
Relations économiques transatlantiques - Apportant son soutien au projet de l'actuelle présidente du Conseil européen, Angela Merkel, de créer un marché transatlantique, M. Seillière a dit espérer que le Sommet de Washington débouche sur de réels progrès dans le développement des relations économiques transatlantiques. De telles avancées passeraient, selon lui, par un accord contraignant entre les deux parties pour éliminer les obstacles au commerce et prévenir toute sorte de protectionnisme et qui serait soumis à la ratification du Congrès américain et à l'approbation des co-législateurs européens, le Conseil et le Parlement européen. Un tel accord devrait être axé sur deux priorités: - la convergence réglementaire d'une part. Selon le président de Business Europe, Européens et Américains devraient renforcer leur coopération en harmonisant leurs réglementations dans des secteurs où celles-ci engendrent des coûts réels pour les firmes (produits chimiques, automobiles et produits alimentaires) et en identifiant par le biais d'études les obstacles réglementaires qui posent le plus de problèmes aux entreprises pour ensuite décider d'un calendrier strict pour les lever ; - un climat propice pour l'investissement d'autre part. Inquiet d'une possible résurgence du protectionnisme aux Etats-Unis, Business Europe attend également du Sommet de Washington un engagement des parties à ne pas introduire de nouvelles restrictions aux investissements et à donner une plus grande sécurité juridique aux sociétés désireuses de se développer.
Autre dossier à traiter rapidement pour Business Europe: le respect des droits de la propriété intellectuelle (DPI) et la lutte conjointe contre le piratage et la contrefaçon. Le patronat européen voudrait aussi une convergence des procédures liées aux brevets. Enfin, Business Europe réclame un assouplissement des règles appliquées aux marchés publics américains, trop souvent fermés aux entreprises européennes, une coopération accrue dans le domaine de l'énergie et de la lutte contre le changement climatique ainsi qu'une réflexion d'ensemble sur les règles de sécurité à appliquer aux biens exportés de part et d'autre de l'Atlantique.
Négociations de Doha - M. Seillière a également rappelé l'importance de progrès dans les négociations de Doha en vue de leur conclusion avant la fin de l'année. Dans ce contexte, Business Europe s'est lancée dans une évaluation de ce qu'elle pouvait faire pour amener les pays émergents à accepter des réductions tarifaires plus importantes sur les produits industriels de manière à ce qu'aucun de leurs tarifs à l'importation de biens manufacturés n'excède les 15%.
Défense commerciale - M. Seillière a aussi évoqué l'implication de Business Europe dans le processus de consultation par la Commission des parties prenantes intéressées par la révision du dispositif de défense commerciale de l'Union (EUROPE n° 9322 et 9387). Selon le président du patronat européen, deux points clés font défaut au débat actuel: - le lien entre la compétitivité et les mesures de défense commerciale. Business Europe défend ainsi le droit légitime de certaines industries européennes (produits chimiques et métaux non ferreux) de recourir, au nom de leur compétitivité, aux mesures de défense commerciale ; - la nécessité de lignes directrices claires pour des enquêtes et les procédures de décision prévisibles.
Accès au marché - Se félicitant de l'adoption par la Commission d'une nouvelle stratégie d'accès au marché des pays tiers pour les entreprises européennes, M. Seillière a appelé le Commissaire au Commerce Peter Mandelson à agir comme l'ambassadeur de l'Union pour l'accès au marché dans le monde. (eh)