Bruxelles, 20/04/2007 (Agence Europe) - Qu'est-ce que la flexicurité ? Un concept qui allie des politiques actives du marché du travail, des conditions contractuelles souples, des structures d'éducation et de formation tout au long de la vie et des systèmes modernes de protection sociale. C'est aussi une approche qui permet de faire face aux enjeux de la mondialisation et du vieillissement démographique en mettant à la disposition des travailleurs et des employeurs de meilleurs instruments pour gérer le changement. C'est ce dont ont débattu ce vendredi 20 avril à Bruxelles les quelque 400 représentants de partenaires sociaux, d'ONG, d'instances gouvernementales et européennes en présence du Commissaire Vladimir Spidla, des ministres de l'Emploi et des Affaires sociales allemand Franz Müntefering, danois Claus Hjort Frederiksen et portugais José Vieira da Silva ainsi que du Président de la commission de l'Emploi et des Affaires sociales du PE, Jan Andersson.
Champion toute catégorie de la réussite grâce à la flexicurité: le Danemark. Pourquoi ? Son ministre Claus Hjort Frederiksen en a expliqué les raisons, à savoir que la flexicurité danoise: (1) est une révolution de velours sur le marché de l'emploi, c'est un modèle de société façonné, ajusté peu à peu » ; (2) comporte trois piliers: - c'est un marché de l'emploi libéral sur lequel il est facile de recruter des gens et de les licencier ; - c'est un filet de sécurité avec des mailles extrêmement fines et d'énormes prestations publiques ; - des travailleurs qui reçoivent une formation en cas de perte d'emploi. « Une population active bien formée de façon continue permet de renforcer la compétitivité internationale du Danemark », a noté le ministre en indiquant que « 25% des travailleurs danois changent d'emploi chaque année, ce qui donne aux employeurs une position de force sur le marché international car ils peuvent licencier et engager des travailleurs comme ils veulent ». Ce qui fait dire à M. Frederiksen que « la flexicurité apporte deux choses qui semblent contradictoires: la sécurité des travailleurs et la liberté d'action des employeurs » ; (3) une politique active du marché du travail. Pour le ministre, la Commission européenne doit tenir compte des traditions en matière de réglementation sur les marchés de l'emploi des Etats membres dans sa communication sur la flexicurité qui sera présentée en juin prochain (et pour laquelle les travaux de la conférence constituent une contribution, a noté M. Spidla) et insister sur le rôle des partenaires sociaux et des décisions à prendre dans certains domaines (comme les salaires) par le biais des conventions collectives. Le ministre portugais Vieira da Silva a estimé que, « pour réussir, il faut dégager une définition de référence du concept même de flexicurité, lancer un processus approfondi de dialogue social au niveau européen, avoir des stratégies de flexicurité fondées sur des solutions négociées dans les Etats membres via les partenaires sociaux, connaître très bien la situation dans chacun des 27 Etats membres de l'UE. Tout cela demande beaucoup de temps, de ressources et d'ambition », a-t-il conclu en ajoutant que « face à la mondialisation, le modèle social européen mérite d'être réformé ». Se référant à une récente enquête Eurobaromètre (automne 2006), Vladimir Spidla a noté que les citoyens européens sont d'accord avec ce concept de flexicurité: en effet, 76% d'entre eux estiment que la notion d'emploi pour la vie appartient au passé, 72% trouvent que les contrats de travail devraient être plus souples de manière à créer plus d'emplois de qualité, 88% sont d'avis que la formation tout au long de la vie augmente les chances de trouver rapidement un emploi.
Infos: http: //ec.europa.eu/employment_social/employment_strategy/flex_meaning_fr.htm. (gb)