Bruxelles, 20/04/2007 (Agence Europe) - Après les résultats inquiétants de l'enquête sectorielle sur le marché de l'énergie (EUROPE n° 9341), une étude approfondie réalisée par un consultant extérieur, publiée par la Commission le 20 avril, confirme que les prix de gros de l'électricité dans plusieurs États membres sont « nettement plus élevés que ce que l'on pourrait attendre de marchés parfaitement concurrentiels ». S'appuyant sur l'analyse de plus d'un milliard de points de données, les résultats de cette étude peuvent entre autres servir de base à des procédures anti-trust engagées, soit par la Commission soit directement par les États membres.
Le rapport analyse les marchés de la Belgique, de l'Allemagne, de l'Espagne, de la France, des Pays-Bas et de la Grande Bretagne pendant la période 2003-2005. La première partie révèle que la majorité des marchés sont concentrés, tel qu'indiqué par le nombre limité d'opérateurs en concurrence effective sur la plupart d'entre eux. Une seconde partie de l'étude détermine l'existence d'une « marge » entre les prix réels et une simulation des prix hypothétiques dans un marché réellement concurrentiel pendant la même période. Il est aussi noté, bien que la corrélation ne soit pas exacte, qu'à des marges élevées correspondent généralement des bénéfices élevés. L'analyse de la troisième partie met en lumière la tendance de ces marges à grimper quand le nombre de générateurs disponibles est réduit, ainsi que la tendance apparente chez certains opérateurs à ne pas utiliser pleinement leur capacité de production.
Jonathan Todd, porte-parole de la Commissaire à la concurrence, n'est pas surpris. « Ces résultats confirment l'enquête sectorielle », a-t-il déclaré devant la presse. « Le cas échéant, la Commission les utilisera peut-être pour entreprendre des procédures anti-trust [comme elle l'a déjà fait à l'égard de l'Allemagne], ou alors encouragera les autorités nationales à prendre des mesures elles-mêmes ». (cd)