Bruxelles, 20/04/2007 (Agence Europe) - L'industrie automobile européenne redoute de souffrir de la conclusion d'un accord bilatéral de libre-échange (ALE) déséquilibré entre l'Union et la Corée du Sud en raison des réticences de Séoul à ouvrir son marché automobile. Alors que le Commissaire au Commerce Peter Mandelson doit recevoir lundi le feu vert du Conseil pour lancer les négociations avec son homologue sud-coréen Kim Hyun-Chong, l'Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) - dont sont membres les constructeurs Renault, Peugeot, Daimler Chrysler, Fiat, Volkswagen, Scania, BMW, Porsche et Volvo notamment - a fait part de ses préoccupations sur ce dossier par le biais d'une lettre adressée aux vingt-sept ministres du Commerce de l'Union. « La Corée du Sud n'est clairement pas une priorité pour l'industrie automobile européenne et le mandat actuel (que le Conseil va octroyer à la Commission, NDLR) est contraire à notre intérêt », souligne l'ACEA, dénonçant les nombreuses barrières non tarifaires sud-coréennes qui entravent les importations de voitures étrangères sur un marché dominé par les fabricants locaux tels que Hyundai et Kia. « Aucun fabricant étranger n'a pu jusqu'ici réaliser une part de marché significative (en Corée du Sud, NDLR). En outre, les fabricants sud-coréens exportent des volumes massifs vers l'Union, un marché 15 fois plus grand que le leur », poursuit l'ACEA, qui estime que l'Union devrait entamer les négociations avec la Corée du Sud seulement si les pays asiatiques (L'Union prévoit également de négocier un ALE avec le bloc ASEAN, NDLR) acceptent de démanteler toutes leurs barrières non tarifaires à l'entrée de véhicules étrangers, ce qui permettra l'importation, sans essais et autres conditions, d'automobiles européennes qui répondent aux normes internationales. « La compétitivité de l'industrie automobile européenne sera compromise si l'Union ouvre son marché unilatéralement aux produits coréens. Dans la situation actuelle, un accord gagnant-gagnant est très incertain », conclut l'ACEA. (eh)