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Bulletin Quotidien Europe N° 9391
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/bce

La modération salariale reste de mise pour M. Trichet

Bruxelles, 21/03/2007 (Agence Europe) - Devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement, présidée par la socialiste française Pervenche Berès, le Président de la Banque centrale européenne (BCE) a anticipé la poursuite d'une « vigoureuse expansion » de l'économie de la zone euro en 2007, réaffirmant néanmoins l'existence de risques pour la stabilité des prix sur le moyen et le long terme. Suite à la récente hausse des taux d'intérêt (EUROPE n° 9382), Jean-Claude Trichet a confirmé mercredi les prévisions de ses services, qui envisagent une hausse du PIB entre 2,1 et 2,9% en 2007 et entre 1,9 et 2,9% en 2008, ainsi qu'un niveau général des prix entre 1,5% et 2,1% cette année et entre 1,4% et 2,6% l'année prochaine. « Notre politique monétaire continue d'être modérée », a-t-il déclaré, jugeant sa politique « plutôt souple », avec des taux modérés, « non pas faible, il y a une nuance ». Il est « essentiel et crucial » que les partenaires sociaux fassent preuve de responsabilité dans les négociations salariales en cours ou à venir, a-t-il souligné mercredi dans une intervention axée sur les avantages sociaux de la stabilité des prix.

« L'augmentation des salaires et des coûts de l'emploi, s'ils n'étaient pas modérés, provoqueraient un problème pour la stabilité des prix », a ensuite répondu M. Trichet à Piia Noora Kauppi (PPE-DE, Finlandaise). Si chaque pays doit être jugé selon sa propre situation, trois éléments sont importants, selon lui, pour évaluer la nécessaire modération salariale: le niveau d'emploi, « un critère très important », le niveau actuel de la compétitivité relative par rapport au coût de la main-d'œuvre et la hausse du niveau de productivité. Et d'apprécier que « cette modération, en général, prévaut dans l'ensemble de l'UE ». « Les progrès faits pour créer des emplois sont en partie dus à cette modération salariale et des coûts », a aussi précisé M. Trichet à l'attention d'Ieke van den Burg (PSE, Néerlandaise), qui lui rappelait que les augmentations salariales des dix dernières années avaient été conformes à l'inflation, mais que la part des salariés dans l'économie globale restait trop basse. Avec des niveaux de chômage élevé, et c'est le cas pour un certain nombre d'Etats membres, le fait d'augmenter les salaires minimums bénéficie à ceux qui ont un emploi, mais dessert, selon lui, ceux qui n'en ont pas.

Appelé par Dariusz Rosati (PSE, Polonais) à faire plus en faveur de la croissance, M. Trichet considère avoir fait sa part de travail. « Si on regarde la situation en Europe et aux Etats-Unis, on ne peut pas dire que nous ayons moins soutenu l'économie en Europe », a-t-il observé. Avoir maintenu des taux d'intérêt à 2%, un niveau historiquement bas, pendant plus de deux ans, est « une preuve de courage », un « signe de bravoure », qui a permis de traverser une période où l'économie avait besoin de soutien, tout en limitant les pressions inflationnistes et en asseyant notre crédibilité, a-t-il poursuivi. Une crédibilité également voulue par les citoyens européens, selon lui.

« Toutes les enquêtes d'opinion confirment qu'il y a un fort soutien populaire, en France comme ailleurs », a-t-il ainsi répondu aux élus allemands du PPE-DE, Alexander Radwan ou Werner Langen, qui s'inquiétaient des critiques émises dans le cadre de la campagne présidentielle française sur la politique de la BCE. 73% des Européens de la zone euro, et des Français sont pour l'indépendance de la BCE en vue d'assurer la stabilité des prix, selon M. Trichet, qui rappelle la contribution positive de la monnaie commune et renvoie les hommes politiques à leurs responsabilités. « L'euro est positif, c'est clair », mais on peut faire mieux, par la voie des réformes, a-t-il dit, rappelant au passage que plus de 12 millions d'emplois ont été créés depuis l'avènement de l'euro en 1999, contre moins de 3 millions durant les huit années qui ont précédé son introduction. « Les critiques feraient bien de méditer ces chiffres », qui ne donnent pas grand crédit à leurs attaques, a-t-il lancé. Des attaques qui semblent d'ailleurs se limiter au contexte purement français, a constaté M. Trichet, listant les pays dans lesquels des élections ont eu lieu récemment (Allemagne, Italie, Pays-Bas notamment), sans que la BCE ne soit prise pour cible avec autant d'insistance. (ab)

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