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Bulletin Quotidien Europe N° 9379
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/soudan/darfour

L'UE disposée à contribuer au renflouement de la facilité d'appui à la paix en Afrique en appelle aussi aux autres donateurs - Khartoum doit permettre le déploiement d'une force hybride ONU/UA

Bruxelles, 05/03/2007 (Agence Europe) - La mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) a cruellement besoin de nouveaux financements pour mener à terme son mandat jusqu'au déploiement effectif d'une force hybride des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour. Or, les caisses de la Facilité de soutien à la paix pour l'Afrique, qui ont permis à l'UE d'appuyer l'AMIS à hauteur de quelque 250 millions d'euros, sont quasiment vides et seront épuisées à la fin mars. Conscients de cette situation et « extrêmement préoccupés par la détérioration constante des conditions de sécurité et par la crise humanitaire au Darfour », les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis le 5 mars à Bruxelles, ont réitéré la détermination de l'UE à poursuivre sa contribution à l'AMIS et de contribuer à son financement.

Les conclusions du Conseil saluent l'accord des ministres pour reconstituer les ressources de la Facilité de soutien à la paix pour l'Afrique grâce à des moyens financiers provenant du 9ème Fonds européen de développement (FED) - décision de principe nécessitant bien sûr l'accord des pays ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique), destinataires de ces fonds dans le cadre de leur partenariat avec l'UE - et grâce aux contributions volontaires annoncées par certains Etats membres (Danemark, Estonie, Grèce, Irlande ont chacun promis entre 1 et 2 millions d'euros).

S'il faut attendre le 25 mai pour obtenir l'accord des partenaires ACP lors du Conseil des ministres conjoint ACP/UE, il est clair que l'UE ne pourra, à elle seule, pourvoir aux 200 millions d'euros requis - montant minimum nécessaire estimé pour permettre à l'AMIS d'assurer la transition jusqu'au déploiement éventuel de la force hybride ONU/UA. Partant, l'UE appelle les autres donateurs internationaux à contribuer, eux aussi, « au succès de la mission », et les « exhorte à honorer les engagements pris et à apporter des contributions supplémentaires ».

Le Conseil rappelle à cet égard que l'UE a déjà engagé près de 400 millions d'euros pour l'AMIS (par le biais de la contribution de la Facilité d'appui à la paix pour l'Afrique et des contributions bilatérales des Etats membres).

Il dit son espoir que « le gouvernement soudanais acceptera sans équivoque et dans les meilleurs délais » le déploiement de l'intégralité du module d'appui lourd des Nations Unies en faveur de l'AMIS « comme il s'y est engagé » et que Khartoum collaborera activement avec l'Union africaine et les Nations unies pour veiller à sa mise en œuvre rapide. Le Conseil réaffirme qu'il est prêt à envisager de nouvelles sanctions, notamment dans le cadre des Nation Unies, à l'encontre de quiconque ferait obstacle à sa mise en place.

Les conclusions du Conseil expriment « la vie inquiétude que lui inspirent les bombardements effectués par l'armée soudanaise près de la frontière tchadienne le 11 février et les attaques menées par les milices dans le Darfour-Nord le 13 février, qui ont fait vingt morts au sein de la population civile ». Condamnant fermement « les violences dont continuent d'être victimes des travailleurs humanitaires, le harcèlement visant les opérations de secours ainsi que les violations du cessez-le-feu », le Conseil se dit prêt à mettre en œuvre les mesures arrêtées par le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 1591 et se dit favorable à l'examen d'urgence de nouvelles mesures par le Conseil de sécurité. Il prend acte des preuves de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité présentées par le procureur de la Cour pénale internationale de La Haye et y voit une « étape décisive en vue de mettre fin à l'impunité au Darfour ». Le Conseil attend du gouvernement soudanais qu'il « coopère pleinement avec la Cour ». Il souligne par ailleurs qu'il est nécessaire et urgent qu'un nouveau cessez-le-feu soit pleinement respecté et que le processus politique soit relancé pour permettre l'ouverture rapide de négociations sous l'égide de l'Union africaine et des Nations Unies. (an)

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