Bruxelles, 05/03/2007 (Agence Europe) - L'activisme du fonds spéculatif (« hedge fund ») Children's Investment Fund (TCI) à l'encontre de la banque ABN Amro a provoqué des réactions diverses. Ces réactions vont du soutien aux critiques de TCI concernant la rentabilité jugée insuffisante de la première banque néerlandaise jusqu'au rejet de cet activisme accusé de perturber la stabilité des marchés financiers (voir EUROPE n° 9376). Paul Koster, membre du comité d'administration de l'autorité néerlandaise des marchés financiers siégeant au Comité des régulateurs européens des valeurs mobilières (CESR), a lancé la semaine dernière un appel en faveur de mesures visant à accroître la transparence des activités des fonds spéculatifs, selon le Wall Street Journal du 2 mars. Il a notamment relevé la différence entre les règles européennes en matière de publication d'informations financières qui incombent aux entreprises désireuses de lancer une offre publique d'acquisition et l'insuffisance des obligations vis-à-vis de l'activisme d'investisseurs n'ayant pas forcément l'intention de prendre le contrôle d'une entreprise cotée.
Déçu par le peu de valeur créée par ABN Amro pour ses actionnaires, TCI a adressé aux dirigeants de la banque néerlandaise cinq résolutions qui leur demandent de revoir leur stratégie de développement, de stopper certaines acquisitions, de céder certains actifs, voire de démanteler les activités de l'établissement financier, en vue de l'assemblée générale des actionnaires prévue pour le 26 avril prochain. M. Koster estime que l'envoi de ce type de lettres peut avoir une influence sur le cours boursier d'une entreprise cotée, au même titre qu'une situation de rachat dans laquelle cette entreprise pourrait se trouver. Or, il est, selon lui, actuellement impossible pour les régulateurs des marchés financiers et les entreprises cotées de savoir si les investisseurs qui agissent de la sorte ont un intérêt authentique dans la modification de la stratégie d'une entreprise cotée ou si ceux-ci recherchent simplement le profit immédiat à travers les transactions boursières postérieures à leur appel. « Une fois qu'une lettre a été envoyée, les investisseurs qui l'ont envoyée devraient être contraints de communiquer sur les transactions en actions, obligations qui sont liées à cette lettre », a déclaré M. Koster. Et il devrait en être de même en matière d'emprunt de droits de vote.
Avec la lettre de TCI, le titre d'ABN Amro a pris de la valeur, gagnant notamment 6,1% mercredi 21 février. TCI est actionnaire à hauteur de 1% d'ABN Amro. Quatre autres « hedge funds » seraient aussi actionnaires de la banque néerlandaise dans une proportion identique. Le fonds de pension néerlandais PGGM s'est joint aux critiques de TCI concernant les résultats de la banque néerlandaise. (mb)