Bruxelles, 05/03/2007 (Agence Europe) - Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, a reçu en fin de semaine Abdelouahed Radi, président de la chambre des représentants (parlement marocain). L'entretien a porté sur les relations directes euro-marocaines et a permis d'évoquer "les derniers développements de la question du Sahara, notamment le projet d'une large autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine qui a été récemment présenté à la Présidence allemande de l'Union européenne", indique-t-on de source marocaine. Il a été également question des perspectives de la coopération parlementaire EuroMed. M. Radi, qui fut le premier président du "forum parlementaire" transformé depuis en Assemblée parlementaire EuroMed (APEM), préside, au sein de cette institution conjointe, un groupe de travail sur le Moyen-Orient et, à ce titre, il apporte son appui au projet de convoquer, probablement en juin au Caire, une session spéciale sur le Moyen-Orient.
Fondateur de l'APEM et actuellement président de l'Assemblée méditerranéenne (AM), laquelle regroupe les présidents des parlements nationaux des pays européens et des rives Sud et Est de la Méditerranée, M. Radi a tenu à faire une mise au point suite à des propos tenus lors de la réunion, le même jour à Bruxelles, de la Commission politique de l'APEM, selon lesquels cette dernière institution a une "légitimité supérieure" . De telles affirmations renvoient à un sujet délicat dans les rapports entre les instances européennes et les parlements nationaux. Elles renvoient, en l'espèce, aux délicates négociations qui ont marqué le mandat de Josep Borrell en tant que président de l'APEM avec les présidents des parlements nationaux européens qui édifiaient leur propre structure, rivale, de coopération avec la Méditerranée. Des échanges fréquents de lettres et un début de polémique, vite éteinte, avaient abouti à un compromis que M. Radi a estimé mis en cause par des eurodéputés. "Nous devons travailler dans l'intelligence et dans la complémentarité et non dans l'antagonisme", avait-il répliqué affirmant que l'AM ne doit "sa légitimité qu'aux parlements nationaux membres".
M. Radi a aussi fait allusion aux discussions en cours sur la composition des délégations parlementaires conjointes (qu'il faudrait, selon une lettre reçue par le bureau de l'APEM lors de sa dernière réunion à Tunis avec la participation de M. Pöttering, former de façon à ne pas créer de remous ; en clair un Israélien doit-il faire partie d'une délégation dans un pays arabe ? - lire à ce sujet EUROPE n° 9372 du 23/02/2007). Le président du parlement marocain a, selon l'agence de son pays, « réitéré la disposition du Maroc à accueillir dans le cadre des relations d'amitié et de coopération avec le Parlement européen toute délégation voulant se rendre au Royaume », pour peu que « la composition de la délégation réponde aux normes d'équilibre et d'objectivité ». Face aux réactions enregistrées de prime abord, notamment du côté israélien, la Commission politique a tenu à préciser qu'elle ne proposait aucune forme "d'exclusion" mais qu'elle souhaitait un ajout au règlement intérieur pour combler une "lacune". Le groupe de travail sur le règlement, présidé par le PPE-DE britannique Edward McMillan-Scott, doit en principe se saisir de cette proposition le 7 mars. Cette affaire renvoie aussi à un précédent purement européen, l'annulation pour des "raisons techniques" d'une délégation ad hoc du PE au Moyen-Orient (octobre 2006) car Marine Le Pen (FN, France) devait en faire partie (EUROPE n° 9295 du 27/10/2006). (fb)