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Bulletin Quotidien Europe N° 9375
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

La relance de la construction européenne vue de Paris - Contenu essentiel et signification possible d'une évolution globalement positive

Le thème de l'Europe est bien présent. J'ai considéré comme significative et instructive la manière dont les trois principaux candidats aux élections présidentielles en France ont, chacun à sa façon, introduit dans leur campagne le thème de l'Europe: non pas sous un angle négatif et sceptique, tellement habituel dans la plupart des milieux journalistiques et même universitaires de ce pays, mais d'un point de vue certes critique mais globalement positif, nettement favorable à la relance de la construction européenne et au rôle que la France devra jouer dans cette relance (voir cette rubrique d'hier).

En particulier, Nicolas Sarkozy a largement dépassé, dans son discours du 21 février à Strasbourg, le stade des affirmations de caractère général plus ou moins rhétoriques, pour définir de façon explicite les orientations que l'Union européenne devrait, à son avis, suivre sur quelques aspects essentiels, en indiquant clairement que celles-ci seront les positions que la France prendra à Bruxelles s'il est élu. Le point de départ est que l'Europe ait la volonté d'exister en tant que telle: « où est la volonté de l'Europe ? Aucune Constitution européenne, quelle que fût sa qualité, ne saurait répondre à cette question. » Cette position a aussi évidemment une signification tactique: dépasser le stade où la distinction entre les bons et les mauvais Européens est déterminée par la ratification ou la non-ratification du Traité constitutionnel. Cette intention est d'autant plus claire qu'il avait ajouté: « Je veux dire ma tristesse devant la réunion de Madrid où, pour la première fois depuis 1945, 18 pays européens se sont réunis pour parler de l'avenir de l'Europe sans la France. Ce n'est pas l'idée que je me fais de l'Europe ».

Et c'est à ce point que M. Sarkozy avait ajouté sa profession de foi: « Je veux l'Europe, je la veux de toutes mes forces, de toute mon âme, de tout mon cœur et de toute ma raison. Parce que je veux la paix. Parce que je veux que l'humanisme européen prenne toute sa place dans la civilisation mondiale. Parce que la France ne pourra rien sans l'Europe. (…) Mais je ne veux pas d'une Europe au rabais, sans ambition, qui se contenterait d'empêcher les Etats membres d'agir sans s'en donner elle-même les moyens. (…) Dans l'esprit des pères fondateurs, il s'agissait de produire ensemble, d'inventer ensemble, de vivre ensemble. Qu'en reste-t-il dans une Europe qui ne voudrait parler de rien d'autre que de concurrence, du libre-échange et de la force de la monnaie ? ».

Une nouveauté pour une campagne électorale nationale. Quelle est alors l'Europe que M. Sarkozy réclame ? J'estime que ce commentaire resterait opaque pour le lecteur si je n'ajoutais pas un résumé schématique des positions qu'il a clairement énoncées en tant que positions de la France s'il est élu. Je n'ai pas souvenir d'un programme aussi précis et détaillé sur les affaires européennes dans une campagne électorale nationale (sinon de la part de Guy Verhofstadt, mais d'une manière plus générale, en marge de la campagne électorale officielle qui, en Belgique, n'a pas encore commencé). Et je ne cacherai évidemment pas que l'intérêt que j'attribue à l'initiative de M. Sarkozy n'est pas sans rapport avec la constatation que plusieurs orientations correspondent en partie à des thèmes récurrents de cette rubrique, tels que: les objectifs hautement politiques que poursuivaient dès le départ, dans les années cinquante du siècle dernier, les « pères de l'Europe » lorsqu'ils avaient lancé la première communauté, et les hommes politiques qui ont poursuivi ensuite leur entreprise ; l'exigence d'une « identité européenne » qui ne soit pas diluée dans la mondialisation mais qui s'exprime notamment dans le principe de la « préférence communautaire » ; l'exigence vitale de sauvegarder l'agriculture européenne. Je pourrais en citer d'autres. Regardez la page suivante.

Demain, lorsque le lecteur aura sous les yeux, sous une forme schématique, le texte auquel je me réfère, je vais essayer d'indiquer les raisons pour lesquelles j'estime que l'attitude pro-européenne qui semble désormais caractériser la campagne électorale en France pourra avoir une influence sur le travail diplomatique de la Présidence allemande tendant à définir la « feuille de route » pour la relance européenne.

(F.R.)

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