Strasbourg, 15/02/2007 (Agence Europe) - Le Parlement européen « vivement préoccupé » par la situation humanitaire au Darfour où les massacres et les violations des droits humains se poursuivent sans relâche en dépit de l'accord de paix du 5 mai 2006, demande aux Nations unies de fixer clairement une date pour le déploiement d'une force de maintien de la paix « même en l'absence de consentement ou d'accord de la part du gouvernement soudanais ». Les eurodéputés invitent par ailleurs l'UE et les autres acteurs internationaux à appliquer des sanctions « visant toute partie, y compris le gouvernement, qui viole le cessez-le-feu ou s'en prend aux civils et aux agents du maintien de la paix ou de l'aide humanitaire ».
Ce sont là les deux principales exigences formulées dans une résolution très ferme, adoptée par la session plénière le 15 février à Strasbourg.
S'agissant de la future force de maintien de la paix soutenue par les Nations unies, le Parlement insiste sur la nécessité de « sécuriser des couloirs d'acheminement de l'aide humanitaire sans plus attendre pour venir en aide aux populations de la région dans le besoin, qui sont de plus en plus isolées ». De l'avis des députés européens, la fixation unilatérale d'une date pour son déploiement est justifiée par le concept de « responsabilité de protéger », adopté par l'ONU et en vertu duquel « lorsque les autorités nationales n'assurent manifestement pas la protection de leurs populations contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité », la responsabilité d'assurer la protection nécessaire incombe à d'autres parties. Pour le Parlement, il ne fait aucun doute que « le gouvernement soudanais n'assure pas la protection de sa population au Darfour contre les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, et ne fournit pas d'aide humanitaire à la population ».
Aux gouvernements des Etats membres de l'UE, au Conseil et à la Commission, le Parlement demande de « prendre leurs responsabilités et de tout mettre en œuvre pour protéger effectivement les populations du Darfour d'un désastre humanitaire ». De l'avis du Parlement, des sanctions économiques ciblées, y compris des interdictions de voyager, le gel des avoirs et la menace d'un embargo pétrolier permettraient de mettre un terme à « l'impunité face aux poursuites qui affecte de plus en plus la stabilité de l'ensemble de l'Afrique centrale et représente une menace pour la paix et la sécurité internationale ».
Le Parlement invite aussi l'UE et la communauté internationale à convoquer de nouvelles négociations de paix afin d'améliorer l'accord de paix d'Abuja et de le rendre acceptable pour toutes les parties. (an)