login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9362
Sommaire Publication complète Par article 24 / 36
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/mediterranee

Nicolas Sarkozy propose la création d'une Union Méditerranéenne sur le modèle de l'UE, d'un système de sécurité collective et d'une banque régionale - « La Turquie n'est pas l'Europe »

Bruxelles, 08/02/2007 (Agence Europe) - Le processus de Barcelone fait irruption dans les débats pour l'élection présidentielle française et le candidat de l'UMP (droite), Nicolas Sarkozy, a lancé, mercredi soir à Toulon, l'idée d'une « Union méditerranéenne » qu'il veut lancer s'il est élu, conjointement avec « l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la Grèce et Chypre » (sans citer Malte) et qui serait dotée d'un conseil des chefs d'Etat et de gouvernement et d'un conseil de la Méditerranée. Son projet repose sur le modèle sur lequel a été conçue l'Union européenne et sur la base des mêmes motivations. Les deux Unions doivent travailler conjointement, a-t-il précisé, ce qui laisse entendre que l'Union méditerranéenne n'englobera que les pays de la rive sud de l'UE à l'exemple du dialogue déjà engagé baptisé "5+5" (Portugal, Espagne, France, Italie, Malte, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye et Mauritanie). Le projet paraît s'en inspirer fortement car également basé sur les exigences de sécurité, de gestion des flux migratoires et de coopération économique sans une forte conditionnalité politique. M. Sarkozy propose d'instaurer un « système de sécurité collective », un dialogue structuré sur l'immigration, l'environnement, le développement durable et, pour soutenir l'effort de coopération, une « banque de développement ». C'est, a-t-il ajouté, dans ce cadre qu'il « faudra envisager les relations de l'Europe et de la Turquie ». Car, selon M. Sarkozy, l'Europe ne peut devenir une union politique si elle n'a pas de frontières. « La Turquie n'est pas l'Europe (mais) c'est un grand pays » appelé à jouer un « rôle pivot » dans l'Union méditerranéenne qu'il préconise.

L'idée d'une Union méditerranéenne vise aussi l'Afrique. « Il faut imaginer d'urgence une stratégie euro-africaine dont la Méditerranée sera fatalement le pivot ». L'urgence serait dans le fait que « l'Europe hésite pendant que les Américains et les Chinois avancent » sur le continent africain. Le défi est, pour l'Europe, celui de la mondialisation qui « commence en Méditerranée ». Son discours à Toulon a englobé tous les aspects liés à la Méditerranée, y compris la paix au Moyen-Orient, le dialogue des civilisations et les relations avec le Monde arabe. « L'avenir de la France et de l'Europe se joue dans la Méditerranée », a-t-il affirmé avec de fortes références à l'histoire, aux religions et à la culture. « Nous sommes ici au bord d'une mer qui ne mène pas vers des terres inconnues mais vers des rivages familiers » rappelant l'histoire d'une région du monde qui a favorisé l'émergence des civilisations et où « se mêlent les Dieux ». Mais sur « fond de mer et de ciel bleu, des tragédies pleines de sang et fureur et de haines inexpiables archaïques que la civilisation n'a jamais réussi à éteindre». Et c'est pourquoi il propose la création d'une Union méditerranéenne pour réussir ce que le processus de Barcelone n'a pas pu réaliser. Son « échec était prévisible », a-t-il dit. (fb)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES