Bruxelles, 08/02/2007 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de conserver inchangés les taux d'intérêt de la zone euro. Le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement reste à 3,5%, le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal à 4,5% et celui de la facilité de dépôt à 2,5 %. « Fortement vigilant » le mois qui précède une hausse des taux, dont la dernière a eu lieu en décembre 2006, le Conseil des gouverneurs le sera de nouveau en février, a confirmé Jean-Claude Trichet à l'issue de la réunion de jeudi à laquelle assistait le Commissaire Almunia. S'il devrait y avoir une baisse de l'inflation dans les mois à venir, celle-ci ne serait que « temporaire », a souligné devant la presse le Président de la BCE. Or, l'important est de se projeter dans un horizon plus lointain pour assurer l'ancrage des anticipations inflationnistes à des niveaux proches de 2%, a immédiatement précisé M. Trichet, qui n'a rien fait pour infléchir les attentes des marchés. « Cela parle de soi », a-t-il répondu aux journalistes qui souhaitaient savoir si le terme 'forte vigilance' était comme d'habitude utilisé pour signifier qu'une hausse des taux se prépare le mois prochain.
« Notre politique monétaire reste accommodante, avec les taux d'intérêt clés de la BCE toujours à de bas niveaux, une croissance de la monnaie et du crédit vigoureuse et des liquidités amples (…) », a apprécié M. Trichet. Les indicateurs montrent que l'expansion économique de la zone euro s'est poursuivie en 2007 de manière « solide et sur une large base » et toutes les conditions demeurent réunies pour que la croissance reste autour du potentiel, a-t-il ensuite confirmé. Ainsi, la croissance mondiale, toujours « robuste », soutient les exportations de la zone euro, où la demande intérieure conservera son élan et les investissements leur dynamique. La consommation intérieure devrait également se renforcer dans le sillage des revenus disponibles et de l'amélioration de l'emploi, a ajouté M. Trichet.
Du point de vue de la stabilité des prix, « il est essentiel de souligner l'importance de prendre en compte une perspective de moyen terme et de considérer la possible volatilité des taux d'inflation au cours de 2007 », a préconisé M. Trichet. Avec un impact de la hausse de la TVA en Allemagne inférieur aux prévisions et sur base de prix du pétrole actuels, passés et à venir, « des effets de base significatifs favorables pourraient donner lieu à des taux d'inflation plus bas au printemps et en été », a d'abord observé le Président de la BCE, qui insiste aussitôt sur leur caractère « temporaire ». Plus tard dans l'année, les taux d'inflation devraient augmenter à nouveau, a-t-il en effet indiqué, sans toutefois préciser l'ampleur de cette hausse, proche ou au-delà de 2%. A moyen terme donc, les risques demeurent orientés à la hausse, du fait notamment de l'évolution des prix du pétrole et de la répercussion des hausses passées et, « plus fondamentalement », des augmentations de salaires plus fortes que prévu. Il est dès lors « crucial » que les partenaires sociaux continuent d'assumer leurs responsabilités, en tenant compte de l'évolution de la productivité tout en reconnaissant le toujours haut niveau de chômage et la compétitivité des prix. Et la BCE de suivre « très attentivement » l'évolution des négociations salariales au sein de la zone euro. « Il est clair que là nous avons un message à diffuser », a ensuite souligné M. Trichet pour justifier l'accent mis sur le volet salarial des risques pour la stabilité des prix. (ab)