Bruxelles, 24/01/2007 (Agence Europe) - A l'occasion de la réunion, ce vendredi à Madrid, des ministres des Affaires européennes des 18 Etats membres de l'UE qui ont déjà ratifié le Traité constitutionnel (ainsi que de l'Irlande et du Portugal, voir EUROPE n° 9346), les ministres espagnol et luxembourgeois Alberto Navarro et Nicolas Schmit (les organisateurs de la réunion) soulignent dans un article conjoint publié ce matin dans la presse européenne que leur intention est d'« aider la Présidence allemande dans la tâche difficile et capitale » mais aussi de « faire entendre notre voix dans le débat sur l'avenir de l'Europe ». La question n'est pas de savoir si la Constitution européenne est toujours vivante ou déjà morte, estiment les deux auteurs, « mais la question fondamentale à laquelle nous devons répondre est celle-ci: quel modèle d'Europe voulons-nous pour le XXIe siècle ? ». Dans un monde de plus en plus globalisé, une Europe unie et capable d'agir est plus que jamais nécessaire, poursuivent MM. Navarro et Schmit. « Or, depuis un certain temps, l'Europe n'est pas à la hauteur de ces enjeux ». Certains pensent qu'il y a trop d'Europe et qu'il faudrait re-nationaliser des politiques, réduire la législation communautaire et se replier sur les identités nationales. « Ce serait là un retour en arrière, sans avenir », estiment-ils. « Nous croyons au contraire que nous avons besoin d'une Europe meilleure, capable d'agir de façon plus coordonnée et plus efficace, et disposant de politiques communes, par exemple dans le domaine de l'immigration ou de l'énergie. Ces questions qui concernent les citoyens au quotidien ne peuvent être résolues dans le seul cadre national ».
L'actuel projet de traité constitutionnel définit le modèle d'Europe sur lequel doit s'appuyer l'avenir, un modèle qui peut être résumé en quatre points, expliquent les ministres espagnol et luxembourgeois: 1) une Europe politique et avec des politiques communes. « Nous ne pouvons nous résigner à ce que l'Europe ne soit qu'un grand marché ou une zone de libre-échange (…) Nous voulons une Europe politique, qui s'exprime d'une seule voix, avec un ministre des Affaires étrangères et un service extérieur commun. Nous voulons une Europe tirant avantage de son grand marché intérieur mais qui dispose aussi de politiques communes » ; 2) une Europe des valeurs et de la solidarité ; 3) une Europe des citoyens. « L'Europe doit se rapprocher de ses citoyens, mieux leur expliquer la valeur ajoutée de ses politiques pour leurs droits, leur prospérité et leur sécurité. L'Europe ne doit pas être synonyme de bureaucratie mais au contraire ouvrir une voie plus large à la participation des citoyens. Elle doit s'appuyer sur la double légitimité des États et des citoyens. L'Europe se fera avec ses citoyens, ou elle ne se fera pas » ; 4) une Europe plus efficace, plus transparente et plus démocratique. « Notre objectif commun est donc l'extension de la majorité qualifiée mais aussi la simplification des procédures afin que l'action européenne soit plus lisible pour les citoyens. À cette fin, nous devons également impliquer davantage nos parlements nationaux comme le prévoit le traité constitutionnel ». (hb)